retour a l'accueil

Pas de carnet de voyage "in vivo" en ce moment,
puisque nous sommes en France !

Mais vous pouvez retrouver ici l’intégrale des textes
que nous avons rédigés depuis mai 2004.

Des rencontres, des découvertes, du rire ou des larmes :
les émotions et les réflexions de notre vie de nomades…


mardi 28 septembre 2004

Re-diffusion sur TV3

«Vu hier soir votre film sur TV3i. Superbes et passionnants destins de ces catalans qui osèrent. Bravo, j'ai passé un beau moment.»
Voilà comment nous apprenons la deuxième diffusion des Héritiers de l’Amazonie sur la chaîne publique catalane : un téléspectateur qui aura regardé jusqu’au bout du générique (ce qui veut dire que TV3 diffuse l’intégralité des films !) et noté notre adresse internet au passage… Merci Jérôme, votre message nous a touchés…
Et nous trouvons d’ailleurs au même courrier un mail de confirmation de Thierry Masdéu, notre cher co-réalisateur, celui qui a fait que notre premier film ait pu être sélectionné dans sept festivals… Una abraçada à lui.

vendredi 24 septembre 2004

La Paz, "la capitale la plus haute du monde", n’en est pas une

Nous revoilà en Bolivie, heureux de nous retrouver dans ce pays si attachant.
Il est pourtant le plus pauvre de l’Amérique du Sud et la grande majorité de sa population y survit, en prise à de multiples tensions économiques, politiques, raciales et sociales. Mais il garde une belle qualité de contact, d’accueil, de gentillesse. On se sent bien, jamais avec le sentiment de danger… si ce n’est en tant que piétons dans la circulation (!), comme si c’était au volant que le bolivien pouvait exprimer sa rage au quotidien.
La Bolivie nous apparaît morcelée en régions, puzzle de cultures qui cohabitent sans vraiment réussir à s’unir. 70 % des habitants sont indiens, qui semblent encore ne pouvoir réussir à s’imposer que par des manifestations de force…

La Paz est révélatrice de cette situation. Déjà, elle n’est pas la capitale du pays (qui est officiellement Sucre, à 700 km plus au sud), mais le siège du gouvernement, ambiguïté semble-t-il due à des dissensions régionales non réglées.
Installée à 3.800 m d’altitude, la ville est faite de trois blocs que la géographie contribue à maintenir séparés :
- "El Alto" est le territoire des plus pauvres, des indiens. La zone s’est étendue par l’afflux des paysans qui ont abandonné les difficiles conditions de vie de l’Altiplano, pour rejoindre le mirage de la grande ville. Les constructions y sont faites de briques et de parpaings de terre. Les températures passent la nuit en dessous de zéro. Et pourtant, nous n’y avons guère rencontré de grises mines, les gens gardent le sourire.
- le centre-ville se situe 1.000 m plus bas, enserré au pied de falaises de roches jaunes et ocres. On y accède presqu’exclusivement par l’autoroute à la pente vertigineuse. C’est dire que l’on en verrouille facilement l’accès ! Métisse, cosmopolite, commerçant, il est fait de multiples quartiers (tel Sopocachi) aux personnalités diverses et qui se sont construits autour du cœur historique. Là vivent la classe moyenne, les artistes et les intellectuels. La température y est franchement plus douce de quelques degrés.
- et à l’écart, encore plus bas, un peu plus chaude, deux voies rapides à la pente à peine plus douce permettant d’y accéder, la "Zona Sur", le territoire riche et blanc des villas clinquantes et des résidences huppées. Certaines mauvaises langues la surnomment "Narco Sur"…

vendredi 3 septembre 2004

L’incroyable projection

Depuis une semaine, nous sommes installés dans notre appartement de Sopocachi. Nous nous sommes aussi trouvé une connexion de trois mois à Internet et un abonnement pour notre téléphone portable. Bien pratique pour organiser nos rencontres, d’autant que nous sommes sidérés du dynamisme bolivien. Les portes s’ouvrent très vite et tout paraît simple. Exemple : nous rencontrons un interlocuteur à 19 h, qui improvise un dîner chez lui, appelle deux autres contacts à 22 heures et nous décroche ainsi deux rendez-vous pour le lendemain matin…

Et à peine huit jours après notre arrivée, "Les Héritiers de l’Amazonie" est projeté dans une des salles de l’école de cinéma de Gustavo. Y assiste une quinzaine d’invités, parmi lesquels : la directrice de Conacine (Conseil National du Cinéma Bolivien, le CNC d’ici), le directeur de la Cinémathèque Bolivienne, le responsable de l’Office de la Culture de la mairie de La Paz, la conseillère culturelle de l’Ambassade de France et le directeur de l’Alliance française fraîchement arrivé la veille pour prendre son nouveau poste ! Nous avons confiance en notre cher film, mais nous sommes tout de même dans nos petits souliers jusqu’à la fin de la projection…
Un court débat s’ensuit et la décision est unanime : les institutions présentes vont soutenir notre Itinérance en Bolivie et nous aider à l’organisation de notre tournée!
Au milieu des compliments, au moment de nous séparer, le responsable de l’Office de la Culture nous offre un "abrazo" chaleureux et nous sort, dans un grand éclat de rire : «Il existait le mythe du bon sauvage. Votre film va faire naître le mythe du bon colon…!». Celle-là, on se la garde !

Des rendez-vous sont pris pour notre retour, car nous rentrons en France pour trois semaines… France Secours International, société d’assistance partenaire de notre Itinérance, nous a offert l’aller-retour, pour nous permettre de voir nos familles et régler tout un tas de démarches suite au décès du frère de Geo : un geste très généreux qui nous fait chaud au coeur…