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Pas de carnet de voyage "in vivo" en ce moment,
puisque nous sommes en France !

Mais vous pouvez retrouver ici l’intégrale des textes
que nous avons rédigés depuis mai 2004.

Des rencontres, des découvertes, du rire ou des larmes :
les émotions et les réflexions de notre vie de nomades…


mardi 29 novembre 2005

Chez les gauchos à Santa Rosa

Cinéma "itinérant", disions-nous ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que nous sommes servis ! Depuis notre départ de Buenos-Aires, en 15 jours, nous avons déjà parcouru 7.500 Km ! Ne comptez pas, ça fait une moyenne de 500 km par jour, y compris les jours de pause…
Et au fur et à mesure que l’on remonte vers le nord, la température en fait autant… Nous dépassons allégrement les 20°. Mais surtout on nous en annonce beaucoup plus dans les jours à venir…
Santa Rosa de la Pampa est une ville plutôt sympa, taillée au cordeau par pâté de maison de 100 m. Nous voilà cette fois chez les gauchos. Nous sommes logés chez Sarah, une adorable argentine retraitée vivant seule ; et prenons les repas chez Annette, la directrice de l’Alliance et sa famille nombreuse. Francisco, son mari, est éleveur et nous a emmenés hier soir pour une opération de tri et marquage d’animaux partis ce matin à l’abattoir.


«La viande est une religion dans le pays. Un gaucho mange 500 g de viande par repas, deux fois par jour. Le gouvernement peut augmenter le prix de l’essence, mais s’il touche au cours du bœuf, il crée une révolution !»
Ce midi, Annette et Francisco nous ont offert une grillade en famille…
Geo a mangé sa portion de gaucho !

dimanche 27 novembre 2005

Une partie de pêche tombée à l’eau


Ceux-là, ils pensaient traverser cette rivière pour aller pêcher un peu plus loin… Moteur noyé, plus rien n’a bougé… Ils sont venus nous chercher à 5 km de là. Une demi-heure dans l’eau glaciale pour accrocher un câble à son pare-choc (ça manque de crochet, ces modèles !)… Et malgré plusieurs tentatives de traction avec le Patrol, leur 4x4 ne bouge toujours pas… Geo suggère : «Ça résiste vraiment, vous ne croyez pas que la voiture est bloquée par un obstacle ?» «Non, non, continuez !». Et, à leur demande, nous multiplions les essais (avec élan !), pour gagner quelques centimètres avant que le Patrol ne se mette à chaque fois à patiner…

Ils nous demandent alors de traverser la rivière et de tirer leur voiture par l’avant. Nous leur offrons notre plus large sourire et leur proposons une autre solution : «Tenez, nous avons un tire-fort (il est tout neuf ! ils vont tester notre matos). Sortez la voiture avec sur l’autre rive toute proche, remettez-la dans le sens de la marche et nous devrions pouvoir vous tirer si vous restez dans la partie la moins profonde»… Le tire-fort marche à merveille et nous finissons par les sortir du mauvais pas, après deux heures d’efforts au total. Les abrazos sont bien chaleureux… Bilan tout de même pour leur 4x4 : un pare-choc vrillé et une suspension à changer (il y avait bien un obstacle sous l’eau).

Bariloche

Changement de décor : tout à l’ouest du pays, nous sommes maintenant sur les premières pentes de la cordillère des Andes. Au beau milieu des forêts, Bariloche (de son vrai nom San Carlos de Bariloche) est une charmante station de ski, essentiellement construite de maisons en bois…


La projection s’est déroulée hier dans une des salles de cours de l’Alliance française : quasiment familiale. A propos de famille, nous avions proposé, au départ de notre tournée, d’être logés à la convenance des organisateurs, soit dans des hôtels, soit chez l’habitant : cette fois, c’est le consul honoraire Philippe et son épouse Marguerite qui nous ont accueillis sous leur toit : deux jours en toute sympathie. Le premier soir, il nous a raconté, avec émotion, son grand-père venu s’installer en Argentine pour l’industrie automobile française, et son père, ami de Saint-Exupéry, Mermoz et Guynemer ! Terre de pionniers…
Et ce dimanche matin, il insiste pour nous offrir une petite pause touristique, avant que nous ne reprenions la route : la découverte d’un splendide décor de lacs, le Nahuel Hualpi.


jeudi 24 novembre 2005

Etape classique : 940 km !

Et toujours ce vent de fous…
Même le catalan habitué à la tramontane est bluffé. Quand à la bretonne, quand elle conduit vent de face, elle tire des bords.
Ce soir, nous dormons à l’hôtel Ismar (tout le temps). (Oh hé, un peu d’humour, ça ne fait pas de mal…).
Tiens, une photo du décor… (Désolés, le vent ne se voit pas bien)


mercredi 23 novembre 2005

Río Gallegos

Cette capitale de la province de Santa Cruz, construite dans un estuaire, est peut-être protégée de l’Atlantique, mais pas des vents ! Ça souffle sérieusement par ici ! La ville a été fondée en 1885 par l’état argentin, en raison de l’arrivée massive de chercheurs d’or venus explorer le détroit de Magellan tout proche. Elle est aujourd’hui une étape privilégiée pour accéder à la Terre de Feu, à la Patagonie et aux glaciers 300 km plus à l’est.
Déjà notre 3ème projection argentine, cette fois dans le théâtre municipal. Et une première : nous proposons au public l’achat de copies dvd des Héritiers de l’Amazonie. Les 7 exemplaires, que nous avons gravés ces jours-ci à partir de l’ordinateur, partent comme des petits pains. Expérience concluante à renouveler (!).

mardi 22 novembre 2005

Balancés dans le fossé !

Bizarrerie des découpages de frontières : l’unique route qui permet de rejoindre Ushuaia traverse le Chili, histoire sans doute d’entretenir les inimitiés ! Et justement, cette piste (environ 150 km) est l’un des derniers tronçons chiliens non asphaltés. La pluie qui tombe sans discontinuer depuis cette nuit a rendu la piste très grasse et très glissante.
Nous préférons imaginer qu’il ne nous a pas vus, ce gros bahut qui s’est déporté sur sa gauche alors que nous le doublions tout à l’heure. Pour éviter le choc, on s’est déporté aussi…
Résultat, la roue arrière a glissé la première dans le fossé de presque 1 m de profondeur et autant en largeur (sous l’émotion, on n’a pas bien mesuré). A 80 km/h, ça fait tout drôle. Un : lever le pied et laisser venir la roue avant gauche dans le mouvement. Deux : ne surtout pas s’arrêter pour ne pas s’embourber là-dedans. Trois : remonter le côté gauche du Patrol de l’autre côté du fossé qui par chance est assez bien tassé. Le point quatre, il apparaît 200 m plus loin : un aplanissement du fossé permettant de le retraverser dans l’autre sens… Ah, un peu d’aventure ! (Au fait, ça réagit bien un Patrol…)

lundi 21 novembre 2005

Ushuaia

Depuis deux jours, nous revoilà donc en Terre de Feu, neuf mois après notre première virée ici (takalireenfévrier). L’île est partagée en deux. Le côté chilien est plus sauvage car ils n’exploitent pas vraiment leur territoire pour le tourisme. Alors qu’ici, il y a Ushuaia ! Bon, autant le dire tout de suite, ça a été plutôt une bonne surprise. On nous avait tellement dit «Vous allez voir, c’est surfait et décevant…» que du coup, on a trouvé l’environnement et la ville, avec ses maisons en bois, plutôt mieux qu’on ne craignait ! Même si quelques immeubles sont en train de pousser en dénaturant manifestement le lieu. (Et puis nous n’avons croisé personne de téefin… Ah oui, faites gaffe à ce que l’on vous vend dans les supermarchés en France, il n’y a aucune source de bain moussant par ici…).
L’ambiance de ce port sur le canal Beagle est toute particulière : touristes et habitants (50.000 aujourd’hui, le dixième il y a 30 ans) semblent imprégnés de l’histoire du lieu, terre de pionniers (qui fut même un bagne) et porte d’accès de toutes les grandes expéditions vers l’Antarctique. Entre autres, Darwin est passé ici à bord du navire britannique HMS Beagle (d’où le nom). Alors, les tribulations de Julien Fabre (et notre Itinérance) ont eu leur effet sur le public : des français posés ici avec leur voilier depuis des années, un couple belge en tournée de théâtre itinérant, un journaliste de télévision locale qui nous a suivi en sortant du studio (où il nous interviewait en direct une heure avant la séance), quelques voyageurs de passage et bien sûr des habitants d’Ushuaia…


Et beaucoup d’enthousiasme dans les échanges et le pot à l’Alliance qui ont suivi la projection. Ici, l’Alliance française est dirigée par Stéphane, un français trentenaire et plein de dynamisme, également guide pour voyageurs.
Pour notre bonheur, nous logeons chez l’habitant : Silvia et Rafael, et leur deux pitchouns, David et Amélie (en français, en hommage à un certain film !). Ils nous ont accueillis dans leur maison en lisière de la forêt. Soirée chaleureuse en famille au coin du poêle.
Car ça s’est sérieusement refroidi depuis Buenos-Aires : ici, les nuits sont à 2 ou 3° et les journées, pas plus de 12°. L’agneau de Patagonie grillé est le bienvenu, tout comme l’excellent crabe, l’autre spécialité culinaire régionale…
Confirmation que nous sommes très au sud : lever du jour avant 5h, coucher après 22h.

samedi 19 novembre 2005

La planète est un village

Il y a une semaine, nous annoncions par un mail collectif notre re-départ, direction l’Argentine. En atterrissant à Buenos-Aires, nous trouvions un mail de François et Christiane : «Nous sommes en Argentine jusqu'au 15 décembre».
Echanges de messages de cybers en cybers, au gré de la route : «Dans la série "la planète est un village", nous sommes nous-mêmes à Ushuaia jusqu'à dimanche». Au moment où nous avons reçu ce message, le village faisait encore pas loin de 2.000 km d'un bout à l'autre ! Mais nous ne pouvions pas louper ça : nous retrouver en Terre de Feu !
François, c’est le directeur de Cinémaginaire, une association de promotion du cinéma à Argelès sur mer (20 km de Perpignan) fameuse pour son festival. On ne peut pas vous raconter ici tout ce que cette institution nous a apporté pour la réalisation et la diffusion de notre film, mais c’était énorme.
Alors, on a appuyé un peu sur le champignon pour arriver ici ce samedi au lieu de demain initialement prévu. Et quelles retrouvailles ! François et Christiane finissent très bientôt un voyage de six mois sur le continent. Ils sont adorables et nous passons la soirée à nous raconter, entre autres, nos expériences sud-américaines. La planète est un village, une taverne s’appelle Ushuaia et il y a des vins argentins qui sont splendides…

vendredi 18 novembre 2005

Record battu

Depuis ce matin, nous venons de nous taper 1.254 km ! Rectilignes à travers la pampa. Avec l’impression de n’avoir négocié qu’une dizaine de virages (ou plus exactement de courbes). Hier jeudi, nous avions parcouru 825 km et il nous en reste 600 demain au programme pour rejoindre Ushuaia.
("Y'a pas de quoi pampavoiser"… Elle est de l’ami Thierry, alias le mexicain. Il nous l’a offerte, on vous en fait profiter. Ses prochaines, il devrait nous les servir en direct sur ce blog…)
Conseil aux voyageurs : si vous vous offrez cette route en voiture, gardez un oeil sur la jauge, parce que 200 ou 300 bornes sans une pompe à essence ne sont pas rares.


mercredi 16 novembre 2005

Pigüé, un "lieu de retrouvailles"

C’est ce que veut dire le nom de cette ville, en langue indienne mapuche, idéal pour fêter nos retrouvailles avec notre Itinérance.
Et c’est bien d’une fête qu’il s’est agi depuis notre arrivée hier au soir. Yamil, le chaleureux jeune président de l’Alliance française d’ici nous a accueilli, avec un large sourire et l’inévitable abrazo : «Bienvenus à Pigüé, un parfum de France en Argentine !». D’ailleurs, la bâtisse où est installée l’Alliance s’appelle "La Sociedad Francesa" (la Société française), parce que la ville a été fondée en 1884 par une quarantaine de familles d’un même village de l’Aveyron venue trouver un avenir meilleur en Amérique.


"La Sociedad Francesa" - Nous vous laissons apprécier la voiture…


Une bonne nuit à l’hôtel nous a permis de récupérer un peu du décalage horaire et du voyage, et ce matin, nous avons droit à 3 interviews : une télé et deux radios. Puis, balade dans la ville qui garde quelques beaux vestiges de ses constructions d’origine, suivi d'un coup d’œil aux environs, dont la chaîne de montagne qui se profile à l'horizon : pas très haute, elle est "la plus ancienne de la planète" !? Evidemment, on les croit.

Notre première projection en Argentine ce soir a lieu dans le salon de la Sociedad Francesa. L'ambiance est au delà de nos espérances : évidemment, ces descendants d’immigrants français se régalent aux aventures rocambolesques de l’arrière-grand-père de Geo. Cela ressemble trop à l’histoire de leurs ancêtres, qui n’avaient pas trouvé en arrivant la fortune annoncée, mais se sont battus pour rester et s’implanter ici…


Nouveauté dans notre Itinérance : nous mettons à disposition du public un livre d’or sur lequel les spectateurs peuvent écrire un mot à l’issu de la projection. Voilà le premier d’entre eux :


Grâce à ce film, j’ai retrouvé l’espoir qu’atteindre un rêve est possible. Merci beaucoup.


A cette heure tardive, nous sortons d’un restaurant où nous avons partagé, avec quelques membres de l’Alliance, un "asado". C’est "la" grillade argentine, qualité et quantité au menu. Ça ressemble bien à une institution. Geo-le-carnivore s’est régalé…

mardi 15 novembre 2005

Quelques heures à Buenos-Aires

Ça commence très fort.
En 2 jours : une nuit dans le train (Perpignan - Madrid), un vol de plus de 12h pour atterrir à Buenos-Aires ce matin à 1h00, quelques courtes heures de sommeil, un rendez-vous à 9h à la Délégation générale des Alliances françaises d’Argentine qui organise la tournée à venir et nous retrouvons notre cher Patrol stationné depuis six mois chez Nissan Argentine.
Le temps de goûter les 34° de Buenos-Aires et nous partons pour Pigüé, la première étape (550 km plus au sud) où nous sommes attendus pour projeter "Les héritiers de l’Amazonie" dès demain soir.

dimanche 13 novembre 2005

On the road again

Et bien voilà, après six mois de démarches en France, nous repartons…
Nous quittons le pays aujourd’hui et décollons de Madrid demain après-midi. Direction l'Argentine où nous attend une dizaine de projections à travers le pays. Puis nous comptons enchaîner avec l'Uruguay, le Paraguay et le Brésil du côté de mars prochain.

Inutile de vous dire notre joie !