retour a l'accueil

Pas de carnet de voyage "in vivo" en ce moment,
puisque nous sommes en France !

Mais vous pouvez retrouver ici l’intégrale des textes
que nous avons rédigés depuis mai 2004.

Des rencontres, des découvertes, du rire ou des larmes :
les émotions et les réflexions de notre vie de nomades…


vendredi 30 décembre 2005

Emilio, érudit épicurien

«Ce sera un grand plaisir de vous recevoir, soyez les bienvenus!»
«Venez sans aucune gêne, la maison de mes parents est inoccupée !»
La première invitation émanait d’Emilio, la seconde de Rémy. A presque toutes les étapes de notre tournée argentine, nous étions conviés à revenir. Mais ces deux invitations-là nous ont été reformulées à Buenos-Aires, à deux jours d’intervalle. Nous avons connu Emilio et Rémy au cours de la même projection : le premier habite Corrientes, le second Resistencia…
Nous ne sommes attendus en Uruguay que le 12 janvier prochain. Après deux semaines à Buenos-Aires, nous avons donc décidé de quitter la capitale et de revenir vers ces deux villes du nord qui nous avaient tant séduits.


Cinquantenaire, Emilio est recteur de "Josefina Contte", un institut de linguistique reconnu dans le pays et au-delà des frontières. Nous passons des heures à écouter ce personnage aux multiples facettes : fils d’une famille d’immigrants libanais, il a appris le français tout jeune en autodidacte avant de se lancer dans des études de lettres, puis de langues anciennes (latin, grec) et de littérature médiévale dont il est un spécialiste. Nous n’avons pas dû tout retenir, mais de multiples séjours en France lui ont permis d’étudier la langue d’oïl, la langue d’oc, la didactique des langues, et il a entre autres une maîtrise de français du 15ème siècle…! Il a aussi une légion d’honneur (qui l’attend à Buenos-Aires !). Son combat, c’est le soutien de la diversité linguistique et culturelle. Ce qui bien sûr ne lui crée pas que des amis dans un continent sous la forte pression du voisin nord-américain. Mais, truculent, intarissable, Emilio ne perd jamais rien de sa faconde. Sa petite maison, ouverte à tous, est un invraisemblable capharnaüm de livres et de disques débordant de partout (il est passionné de musique, en particulier arabe et brésilienne) mais aussi de tout ce que l’on peut imaginer comme herbes et ingrédients culinaires de tous les exotismes, car son autre passion est la cuisine… Le soir de notre arrivée, avant-hier, une fête de fin d’année réunissait chez lui une quarantaine de personnes assises et debout dans chaque recoin. Au menu, un mélange de mezze libanais et d’empanadas, le tout concocté par lui bien sûr. Au beau milieu de la soirée, nous nous sommes tous réunis (entassés !) dans le séjour pour écouter un de ses neveux nous offrir un concert de musique arabe tandis qu’une de ses nièces et une amie égyptienne de passage s’adonnaient, elles, à une démonstration de danse… Hier soir, il nous a sorti un "Maury vieille réserve 1989" (larmes d’émotion de Geo…).
Nous vous laissons imaginer les jours que nous passons sous son toit…

dimanche 25 décembre 2005

Noël à Buenos-Aires

Evidemment, ici comme chez nous, Noël est une fête familiale. Donc, le réveillon d’hier, nous devions le passer seuls. Mais des amis, connus lors de notre passage en avril dernier, nous ont invités à arroser l’événement avec eux en début de soirée. Bien sûr au vin argentin ! (Le champagne, ici, même produit par des filiales de Maisons françaises, est cher et pas terrible). Nous les avons laissés à 21h…
Et ce dimanche, nous déambulons dans quelques quartiers de Buenos-Aires. Naturellement, la ville est très calme… Nous nous offrons deux étapes bohèmes évidentes et plutôt destinées aux touristes. Mais par bonheur, même eux sont rares aujourd’hui…
La Boca, tout d’abord : des dizaines de milliers d’immigrants ont débarqué ici. C’était le premier port de Buenos-Aires. Les italiens y construisirent leurs habitations en bois et zinc, les peignant avec les restes de peintures des bateaux. Deux - trois pâtés de maisons sont réhabilités et accueillent bars, restaurants et boutiques…


Et puis San Telmo, son marché aux puces et ses vieux cafés sur la place Dorrego, l’une des plus anciennes de la ville et monument historique national. Nous déjeunons au bar du même nom, incontournable : le voilà de l’extérieur et même, nous étions à l’intérieur…


Ah oui, au fait, Buenos-Aires, c’est la capitale du tango !


lundi 19 décembre 2005

Buenos-Aires l’européenne

«Les Mexicains descendent des Mayas, les Péruviens descendent des Incas et les Argentins descendent des bateaux !».
Nous l’aurons entendue quelques fois, cette plaisanterie… Il faut dire qu’ici, comme au Chili, la culture indienne n’est plus qu’un lointain souvenir. Par exemple, la fameuse Pampa argentine était le territoire des Mapuche. En 1880, ils en ont été chassés par une campagne militaire appelée "la campagne du désert" et les terres ont alors été distribuées à des entreprises de colonisation. C’est l’une d’entre elles, par exemple, qui recruta en 1884 les 40 familles du village de l’Aveyron qui ont fondé Pigüé (takalireau16novembre). Ce sont des histoires comme celle-ci qui ont fait l’Argentine.
Les fondateurs de Buenos-Aires étaient eux aussi des descendants d’Européens et cela se ressent dans cette grande ville portuaire si vivante et à l’intense vie culturelle. Longtemps surnommée "le Paris de l'Amérique du Sud", elle est entre autres impressionnante par son architecture : des avenues de la taille des Champs-Élysées, il y en a quelques unes (dont une qu’ils annoncent la plus large du monde) ; et des parcs dans toute la ville, de somptueux bâtiments publics, des rues piétonnes, des quartiers bohèmes et même un obélisque…


«En province, les Argentins sont accueillants. Ici, les Porteños (les habitants de Buenos-Aires) sont comme le tango, toujours à pleurnicher. Et puis, ils sont arrogants !» : propos entendus, d’une provinciale. Est-ce pour ça qu’elle était surnommée "le Paris de l'Amérique du Sud" ? (mais non, on plaisante !)
«Voulez-vous des jambes écartées ?» (piernas abiertas). Nous avons regardé notre interlocuteur avec étonnement ! Il a ajouté en riant : «Il n’y a rien de sexuel dans ma proposition». Des empanadas, nous en avons mangées de toutes sortes en Amérique du Sud. La spécialité de ce restaurant (La Americana, avenida Callao 80), ce sont des empanadas avec de la sauce. Ce surnom de "piernas abiertas" vient de la façon dont il vaut mieux les manger pour ne pas s’en coller partout…
Notre centième toit : nous nous sommes donc posés pour deux semaines à Buenos-Aires et avons trouvé un petit deux-pièces (pas le maillot de bain, ça, ce sera pour le Brésil), qui est donc notre centième adresse depuis le départ de notre Itinérance. Nous l’avons arrosé au vin argentin ! (Et on se l’ait bien choisi, parce qu’ils en font des superbes…)
Nous continuons (intensément !) de nous occuper ici de notre tournée 2006 : les budgets se bouclent en ce moment. Les nouvelles sont plutôt bonnes : notre Itinérance est maintenant à peu près organisée (pas totalement financée !) jusqu'à la fin de l'année prochaine…

dimanche 11 décembre 2005

Un mois de tournée

Nous revoilà sur la route, direction Buenos-Aires. Nous allons traverser une nouvelle fois la pampa sur 1.000 km, cette fois plein sud…
Nous repensons à ces deux derniers jours passés à Resistencia. Nous sommes tombés sous le charme, sans que l’on sache bien pourquoi ! La ville n’est pas vraiment belle, malgré ses 247 statues !! La chaleur d’été y est accablante, les moustiques très agressifs… Pourquoi son ambiance particulière nous a-t-elle touchée ? Les rencontres que nous y avons faites ? El Fogón ? Nous roulons sur le pont qui enjambe le fleuve Parana, séparant Resistencia de Corrientes : la première est une "ville nouvelle" (de 120 ans à peine), la seconde en a plus de 400… Nous apercevons ses maisons le long du fleuve et la même pensée nous traverse l’esprit. Voilà un endroit où nous nous poserions volontiers…
Cette tournée est finie. Bilan chiffré : 9 projections et 11.000 km.
Nous pourrions vous dire, comme dans les guides, que la superficie de l’Argentine (continentale) est 5 fois supérieure à celle de la France. Mais vous ne serez pas très avancés pour autant. Alors, il y a plus parlant : symétriquement dans l’hémisphère nord, l’Argentine s’étendrait, à peu de choses près, en latitudes, du nord du Danemark (la Terre de Feu) au sud de l’Algérie (la frontière avec la Bolivie) ; Buenos-Aires est au niveau de Gibraltar. C’est-à-dire que nous venons de faire une tournée d’un mois en projetant de Copenhague à Tamanrasset…
Cela dit, malgré la trop grande distance parcourue, nous sommes très heureux de tout ce que nous venons de vivre. Nous n’oublierons pas de sitôt l’accueil des familles qui nous ont reçus. Les projections furent un succès auprès de tous ces spectateurs, descendants de colons ou pionniers européens. Et le pays est vraiment splendide, avec ses décors de pampa, de steppe, de montagnes et grands lacs, de verts pâturages, de désert ou de canyons… Beau programme que nous aura concocté la Délégation générale des Alliances françaises en Argentine !
Maintenant, nous allons retrouver Buenos-Aires que nous avions goûté avec bonheur en avril dernier. Nous y serons demain jusqu'aux fêtes de fin d'année…

samedi 10 décembre 2005

Dernière projection de cette tournée argentine

Et elle va être belle.
Mais avant, Pupi a insisté pour nous faire découvrir "El Fogón". Pupi et Rúben sont le couple d’un âge certain qui nous reçoit chez lui pour ces deux jours. La soirée d’hier en leur compagnie a été un délice : une vie dense, dont dix ans en Angola, leur a laissé mille anecdotes et une grosse dose d’humour. Tout à l’heure, ils nous ont bien recommandé d’être là avant le déjeuner pour le Vermoutito (?) du samedi. C’est une manie sud-américaine, à laquelle n’échappe pas l’Argentine, de créer des diminutifs en ajoutant "ito" à tout va : un cafecito est un petit café, un pesito est un petit peso (l’impression que l’on va payer moins cher : «ça vaut 10 pesitos»…) ou "tardecito" qui veut dire qu’on est à peine en retard ! Nous avons mis quelques instants pour comprendre qu’ils nous conviaient à boire le petit vermouth hebdomadaire…
Quant à "El Fogón" ("le foyer", en français), ça valait vraiment le détour. Deux frères, Aldo et Efraín Boglietti, avaient monté dans les années quarante ce lieu surprenant, qui s’est enrichi de décennies de rencontres et de douce folie. Nos surréalistes n’ont qu’à bien se tenir : cinq cents clefs se promènent dans le monde dont les détenteurs peuvent venir quand ils le souhaitent, boire un coup, manger un morceau ou passer une nuit s’ils ont besoin d’un toit. Et ils ont laissé ici, comme tant d’autres visiteurs par la suite, une peinture, un objet ou une pensée profonde ou loufoque peinte sur un mur. Il en reste une maison - musée (qui se visite pour moins d’un euro), impressionnant et délirant bric-à-brac de tableaux (copies ou originaux) de peintres inconnus ou fameux, l’hélice d’un avion de Mermoz, les gants de boxe de Carlos Monzon, un livre dédicacé par Saint-Exupéry ou un "authentique" bouton du soutien-gorge de Rita Hayworth… Au fond du jardin, un "cimetière" aux épitaphes choisies accueillait, déjà de leur vivant, les tombes des maîtres des lieux. Et le toit de la maison est aménagé en terrain d’atterrissage pour ovnis.
Quant à cette dernière projection, c’est le final en apothéose de cette tournée. Plus de 50 personnes s’entassent dans la salle trop petite de l’Alliance française : certains vont regarder le film de l’extérieur par la porte ou les fenêtres restées ouvertes. Chaude ambiance et bel accueil prolongé par le débat, puis par une "cervezeada", dîner d’empanadas, viandes froides et charcuteries, joyeusement arrosé de bière (cerveza). Cela dit, nous, nous avons droit à du vin ! Delia, la jeune directrice, et Remy, le président (et consul honoraire de France) sont aux anges. Et nous, donc !

vendredi 9 décembre 2005

Un peu de fraîcheur à Resistencia

Titre qui va surprendre ceux qui connaissent les lieux : c’est en effet une des villes les plus chaudes du pays. On nous annonce qu’en été, ça caracole jusqu’à 50°. Mais l’été n’est que dans une dizaine de jours, il fait 38° aujourd’hui ! Hier, c’est par cette température que nous avons fait le plus gros du trajet (dont une ligne droite de 400 km !) pour arriver tôt et nous occuper, justement, de la climatisation. Pas de chance, la réparation de la fuite demanderait de démonter toute la calandre avant. Impossible aujourd’hui, mais le concessionnaire nous recharge le système en gaz : nous allons retrouver de la fraîcheur pendant quelques temps…

mercredi 7 décembre 2005

Salta, capitale des empanadas

C’est une gloire comme une autre !
Au fait, tout le monde ne connaît pas forcément l’empanada : il s’agit d’un chausson fourré de viande, ou de jambon et fromage, ou de thon, introduite en Amérique du Sud par les colons espagnols, en particulier galiciens. Nous en trouvons depuis le début de notre Itinérance sur le continent, mais tout particulièrement en Argentine.
Cela dit, Salta est une des plus belles villes du pays que nous ayons vu depuis le début.


Adriana, professeur de français et Germán, éleveur, nous ont accueillis à bras ouverts dans leur maison de San Lorenzo, petite ville résidentielle à 12 km de là. Hélas, nous ne passons q’une journée à Salta et notre programme est chargé : rencontre à l’Alliance, connexion à Internet (nous trouvons toujours des cybers dans lesquels nous réussissons à brancher nos portables sur leurs réseaux Ethernet), déjeuner avec nos hôtes, visite de la ville et tournages, interview sur une chaîne de radio, installation du matériel pour la projection… Elle a lieu à 20h30 dans le hall de l’Alliance, transformé en bar et cafétéria pour les élèves. Belle discussion encore avec le public, très centré ce soir, sous l’impulsion de Patricia, la dynamique présidente, sur le "devoir" de transmission entre les générations… Et nous étions une dizaine à dîner dans un restaurant de San Lorenzo pour un inévitable asado !
Ravis de retrouver notre lit : demain, nous repartons pour 1.000 km à parcourir en deux jours. Décidemment, cette tournée est démente ! Mais cela dit, on se régale !

mardi 6 décembre 2005

La route de Tucumán à Salta

Aujourd’hui, l’étape est courte : moins de 300 km ! Mais on nous a fortement conseillé un parcours légèrement plus long, plus à l’ouest, empruntant la route n° 40 qui rejoint le sud au nord du pays, en longeant la Cordillère. Alors, nous décidons de nous offrir un peu de tourisme. Et bien nous en prend !
En quittant Tucumán, la plaine cultivée s’estompe peu à peu pour faire place à une forêt dense (la selva Yungas) où règne une ambiance subtropicale. Sinueuse, la route s’élève maintenant entre lauriers, cèdres et de nombreux autres arbres natifs couverts de lianes et de fougères. Le "rio Los Sosa" nous accompagne de ses rapides et cascades. Nous sommes au cœur d’une réserve naturelle. A 963 m, surgit le monument à l’indien "El Chasqui del incario", qui était un messager.


Nous montons jusqu’à 2.000 m, roulant au pas dans une de ces purées de pois ! Des nuages et du brouillard surgissent au beau milieu de la chaussée, des ânes, des bovins ou des chevaux, voire même des piétons !!
A 1.700 m, la selva disparaît progressivement au profit d’un bois d’aulnes. Puis le paysage s’assèche pour devenir un désert : place aux cactus.


Nous nous arrêtons aux ruines de Quilmes : bastion de la résistance indigène face aux espagnols durant 130 ans avant de se plier en 1666. Ce peuple Calchaquí, qui vivait ici depuis 800 ans av. J-C, préféra finalement l’extermination à l’esclavage. Les rares survivants furent déportés au sud de Buenos Aires.


Et puis, final grandiose : nous traversons la quebrada (les gorges) de Cafayate. On ne vous raconte pas, on vous montre…


lundi 5 décembre 2005

Tucumán

Pas très excitante, cette ville qui semble surpeuplée. La municipalité laisse détruire son patrimoine au profit de tours de béton d’une dizaine d’étages…
Mais l’accueil que nous réserve María et toute l’équipe de l’Alliance française est du même acabit que les précédents. Une fête a été organisée en notre honneur : empanadas, accordéoniste et chants locaux repris par tous les convives.


Et nos hôtes, Minky et Gringo, couple de retraités qui habitent un appartement au dessus de l’Alliance, ne savent que faire pour nous faire plaisir. Ils sont terribles, ils veulent à tout prix que nous dégustions les pâtisseries sucrées locales ! Et sucrées est bien le mot…
Depuis Rio Gallegos, dans les hôtels ou chez l’habitant, nous sortons régulièrement ordinateur et disque dur externe pour graver des copies dvd du film que nous proposons chaque fois en fin de séances. Ici, nous profitons d’une salle de cours inoccupée pour prendre un peu d’avance : le stock s’épuise…

samedi 3 décembre 2005

A quel sein se vouer ?

Nous continuons à rouler plein nord et ça y est, le thermomètre annonce 35°. Bon, nous sommes des aventuriers, mais va falloir nous occuper de la clim’ à la prochaine concession Nissan !
Dans l’immédiat, nous nous arrêtons au sanctuaire de la "Difunta (défunte) Correa". Dans tout le pays, nous voyions de petites chapelles blanches dressées sur le bord de la route où étaient déposées des bouteilles d’eau en plastique…


Depuis hier, nous avons l’explication. Ce sont surtout les camionneurs qui "abreuvent" ainsi cette quasi sainte. Miracle (?) du 19ème siècle : voulant retrouver son amoureux parti, elle a tenté de traverser le désert avec son bébé. Mais elle est morte de soif en cours de route. Le bébé, lui, a survécu, en continuant de téter sa mère…


Nous avons appris aussi que les petits "oratoires" peints en rouge et décorés de rubans et drapeaux de même couleur sont eux à la gloire du Gauchito Gil, un"Robin des bois" argentin du début du 20ème siècle…
Il volait ses patrons et distribuait (tout ou partie ?) aux pauvres. Il a été arrêté et massacré par la police, ce qui en a fait un héros des bandits d’abord, des plus pauvres ensuite, et aujourd’hui une figure mythique vénérée sur toutes les routes du pays…


vendredi 2 décembre 2005

San Juan, gastronomie et grande musique

Près de 1.000 km, toujours en direction du nord, nous ont permis de venir jusqu’à ce fief du vin argentin, en traversant la région de Mendoza, capitale viticole du pays. Autour de ces deux villes, des vignes de partout, mais aussi des oliveraies à la dimension impressionnante.
Le parcours est aussi l’occasion de constater que la climatisation du Patrol donne des signes de faiblesse. Mais nous nous en occuperons plus tard, car nous sommes ici hébergés, en bordure de la ville, dans la maison d’un couple bon vivant et fin gourmet qui a décidé de nous gâter ! Elle, Patricia, est artiste (peinture, céramique, sculpture), et lui, Raùl, d’origine libanaise, producteur d'huile d'olive (d’un goût !) et tenant un magasin de spécialités culinaires, est un cuisinier hors pair ! Nous ne vous en disons pas plus…
San Juan a conservé quelques belles bâtisses du passé, dont celle où est installée l’Alliance française. Patricia, sa directrice insiste pour nous faire découvrir le joyau de la ville : l’auditorium Juan Victoria, du nom de l’ingénieur qui l’a fait construire dans les années 60. Président de l’Association des Amis de la Musique, il voulait mettre cet outil à la disposition d’une formation de musiciens de haut niveau pour la ville. Cet auditorium de 1.000 places est doté de ce qui pouvait se faire de mieux dans le dessin et le choix des matériaux en bois. Un arc magnétique équipe cinq rangées de la salle permet même une parfaite audition aux mal entendants. Il a dû se battre cet homme-là ! Car le résultat est que son auditorium installé dans une ville moyenne du pays, se targue d’être le meilleur de l’Amérique du Sud. Nous sommes prêts à le croire, à en juger par l’acoustique que nous avons eu l’occasion d’apprécier durant notre courte visite ; un musicien poussait quelques notes de son cor sur la scène.
Elle nous plait bien cette histoire de doux dingue qui soulève des montagnes…


A part cela, nous avons aussi eu droit à une visite de cave et une interview télé en direct dans un magazine de l’après-midi.
Et ce soir, on nous a offert la première projection de notre tournée… en plein air ! Le ciné-club qui nous accueillait offre ce plaisir à ses spectateurs quand la météo le permet. Il faisait un petit peu frais, mais ça n’a pas vraiment gâché notre plaisir…