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Pas de carnet de voyage "in vivo" en ce moment,
puisque nous sommes en France !

Mais vous pouvez retrouver ici l’intégrale des textes
que nous avons rédigés depuis mai 2004.

Des rencontres, des découvertes, du rire ou des larmes :
les émotions et les réflexions de notre vie de nomades…


jeudi 26 janvier 2006

Uruguay

Nous profitons de sa proximité avec l’Argentine pour un séjour de deux semaines en Uruguay, avec projections à la Cinémathèque nationale et dans un village perdu dans les dunes d’une réserve naturelle.

En cliquant sur "janvier 2006" dans la colonne de gauche, vous trouverez les 9 billets que nous avons rédigés durant les deux semaines passées dans le pays. Attention, ils sont archivés en ordre inversement chronologique…

Si vous ne trouvez pas le temps de tout lire, nous vous recommandons particulièrement :
- "Cabo Polonio" (posté le 21 janvier)
- "Montevideo, une ville tranquille" (posté le 23 janvier)
- "Colonia Sacramento bijou colonial" (posté le 24 janvier)

República Oriental del Uruguay
- Capitale : Montevideo
- Superficie : 177 000 km2 (environ 1/3 de la France)
- Population : environ 3,5 millions d’habitants
- Langue officielle : espagnol
- Monnaie : peso uruguayen


(Source : Division Géographique de la Direction des Archives du Ministère des Affaires Etrangères)

Petit portrait de l’Uruguay

C'est l'un des plus petits pays d'Amérique du Sud (un tiers de la superficie de la France). Son décor est fait de prairies et de collines : agriculture et élevage sont omniprésents. Et il est doté d’un climat tempéré : 20 à 25° en ce moment de plein été. Il est bordé au nord par le Brésil, à l’ouest par le fleuve Uruguay (le nom complet du pays est d’ailleurs "République orientale de l'Uruguay") et les plages s’étendent tout au long de la côte atlantique, à l’est, et du Rio de la Plata, au sud. Tiens, on ne vous a pas encore parlé du Rio de la Plata, en espagnol "le fleuve de l’argent" ; il coulait à flot (sic !) à l’époque et enrichissait grassement l’Espagne.

La population de l’Uruguay est essentiellement blanche, descendante d’immigrants surtout espagnols et italiens, mais aussi allemands ou russes. Aujourd’hui, l’Uruguay compte officiellement à peine 3 millions d’habitants, mais certains prétendent même qu’un tiers de la population a émigré durant les dernières décennies, en raison de la situation économique. Moins de 10% de la population est métisse. Le territoire de l’Uruguay était bien sûr originairement peuplé d’indiens (essentiellement les Charrúas). Les conquistadors en ont assuré la totale disparition. On nous a raconté que les 4 derniers d’entre eux furent exhibés dans le "zoo humain" d’une Exposition Universelle à Paris, à la fin du 19ème siècle.

«Les riches n’investissent pas dans le pays, ils vivent de leurs rentes». Bon, quelques jours en Uruguay nous permettent juste de "percevoir" des choses, mais cette réflexion d’un jeune uruguayen nous a paru expliquer ce que nous ressentions. Quelque chose comme un gros potentiel non exploité. Touristiquement, par exemple. «75% de Punta del Este appartiennent à des Argentins !», nous disait un Uruguayen, l’air désabusé…

L’Uruguay est un des pays les moins visités d’Amérique latine, sans doute trop longtemps refermé sur ses dictatures et ses crises économiques, coincé entre ses deux voisins gigantesques, l’Argentine et le Brésil. Comme dirait les gens du marketing, il souffre d’un total déficit d’image (pas même négative d’ailleurs). Et en plus, il est souvent confondu avec le Paraguay au nom si proche.

Et bien, nous avons adoré ses paysages, sa douceur de vivre, l’accueil de la population et nous sommes très heureux du séjour que nous venons de vivre ici.

mercredi 25 janvier 2006

La posture "maté"

Nous avions découvert cela par hasard en Bolivie - en Argentine, c’est une institution - et en Uruguay, plus encore : boire le "maté". Il s’agit d’une infusion d’herbe. Elle se boit dans une sorte de mug, qui s’appelle lui-même le maté (généralement en bois ou métal, il en existe de toutes sortes, parfois très stylisés). Et ça se déguste tout au long de la journée, le plus souvent en le partageant. Le maté passe de main en main, et chacun tire sur la paille en métal plongée dans le récipient. Cela a un goût plutôt amer, certains y ajoutent du sucre ou des parfums divers (pas les puristes). Ça ne nous a guère convaincu au début, mais on s’y fait. On prétend que c’est plein de vitamine C, mais surtout que ça a des vertus digestives grâce auxquelles on peut continuer à ingurgiter autant de viande grillée…
Il y a des distributeurs d’eau chaude jusque dans les stations services. Et le plus pratique est de transporter sa "thermos". On la garde sous le bras, le maté quant à lui à la main.

Pratique pour faire les courses ! Mais bon, ce doit être une question d’habitude. Il n’est pas rare de croiser des conducteurs qui se le boivent tranquillement. Il semble que le téléphone portable soit interdit au volant (quoique !), mais apparemment pas le maté…

mardi 24 janvier 2006

Colonia del Sacramento, un bijou colonial

Nous ne pouvions quitter l’Uruguay sans faire une étape à Colonia del Sacramento, une charmante petite ville bigarrée dont le centre historique est classé au Patrimoine de l’humanité. Il fait bon s’y arrêter, même si, comme nous le disent les gens d’ici, on en a vite fait le tour. «Nous avons tendance à ne pas toujours l’apprécier pour sa juste valeur, quand on voit d'autres villes coloniales de l'Amérique Latine ou des petits villages espagnols…». C’est d’autant plus vrai qu’elle a gardé toute son authenticité. Et en plus, elle invite à la découverte, elle donne envie de s’y prélasser… A ne rater sous aucun prétexte !
La ville fut dénommée "La Manzana de la discordia" car elle fut l’objet durant 100 ans (jusqu’en 1762) d’un conflit entre Portugais et Espagnols qui se disputaient ce point stratégique de la côte orientale du "Río de la Plata".
A l’origine ville fortifiée, elle en garde de très beaux restes qui continuent d’entourer le vieux quartier en bordure du Río. Les constructions de style espagnol et portugais s’y côtoient, narrant une page de l’histoire, pleine de lutte et de passion. Tôt le matin, nous arpentons ses ruelles désertes et vous en offrons quelques vues.

lundi 23 janvier 2006

Montevideo, une ville tranquille

«Vous avez remarqué la quiétude de la ville ? En janvier, elle se vide… Mais ne croyez pas pour autant qu'elle soit beaucoup plus animée à d'autres moments !». C’est Lucía, une amie uruguayenne d’Emilio (de Corrientes - takalireau30décembre) qui nous disait ça. Elle nous avait invités à dîner chez elle à notre arrivée à Montevideo et nous avait raconté sa ville. «N'oubliez pas qu'on est à peine 3 millions dans tout l'Uruguay et qu'un million seraient à Montevideo et ses banlieues. Par ailleurs l'une des caractéristiques de la ville, c'est qu'elle est très étendue ».
En nous y promenant, on se demande effectivement où sont ses habitants ? Mais cela lui donne un sérieux avantage en comparaison des tonitruantes capitales sud-américaines que nous avons connues jusqu’à présent. Nous la découvrons donc avec plaisir, un peu comme un Paris au mois d’août…


Montevideo est située sur la rive nord du large estuaire du Rio de la Plata, quasiment en face de Buenos-Aires. Elle a été fondée en 1726 par des conquistadors espagnols pour contrecarrer les Portugais installés à Colonia, 150 km plus à l’ouest. On n’est pas bien sûr de l’origine du nom de la ville. Les uns disent qu’il proviendrait du portugais "Monte vide eu" ("Je vois une montagne"). Et selon les autres, les Espagnols auraient appelé le lieu "Monte VI De Este a Oeste" ("Le sixième mont d'est en ouest").


La ville est plutôt imposante : de grandes avenues (et en particulier la 18 de Julio, sa principale artère), des immeubles hauts et lourds, des bâtiments publics impressionnants, une Place de l’Indépendance avec la statue au héros Artigas et des grands parcs.


Le port, bien abrité, ne semble pas très actif. Un gros bateau de croisière a tout de même débarqué son contingent de touristes qui arpentent le quartier à l’architecture coloniale préservée. L’ancien marché abrite aujourd’hui tout un tas de restaurants. Mais toute la partie ancienne de la ville n’est pas vraiment entretenue, à l’image de la gare de chemin de fer, énorme bâtisse à l’abandon…

A l’évidence, les anciens habitants riches ont émigré vers les plages : Montevideo s’étend sur des kilomètres le long de l’estuaire : un port de plaisance, des résidences, quelques tours (peu, d’ailleurs), un golf… Les Britanniques ont été très présents pendant le XIXème siècle : c’est indéniable à en juger par la qualité des gazons des villas !
La visite des quartiers anciens nous a offert un voyage nostalgique, et plutôt séduisant. On imagine ce que deviendrait cette ville une fois retapée. A l’image de cette étonnante quantité de vieilles voitures remontant jusqu’aux années 40 que l’on croise dans les rues.
«Ça n'empêche pas que la vie culturelle soit très animée (théâtres, expositions, conférences, etc.)», nous confiait Lucía. Et c’est vrai que les murs sont envahis d’affiches et affichettes annonçant des spectacles. «Mais les participants sont ceux qui sont actuellement en vacances sur la côte»…
Voilà, hasard de notre périple. Nous aurons connu Montevideo en plein été (sans être sûrs qu’elle soit très différente le reste de l’année). Nous l’avons beaucoup aimé, tranquille et séduisante…

dimanche 22 janvier 2006

"La planète est un village" bis

Que l’on vous raconte une petite page perso. Nous nous sommes connus voici un peu plus de six ans à Perpignan. Et ce premier soir, nous dînions ensemble dans un petit resto à tapas de Port-Vendres, le Tipico (tenu par Eric Pujol, ses parents ont la fameuse brasserie qui porte leur nom, juste à côté sur le port).
Et aujourd’hui, nous sommes à 15.000 km de là, à Montevideo. La scène se passe à l’hôtel. Milieu de matinée : nous quittons notre chambre, au même moment que le client de la chambre d’en face. Salutation polie « Hola ! », le temps de rejoindre l’ascenseur et de nous reconnaître : tiens, le fils Pujol ! Comme dirait Desproges : «Etonnant, non ?». Du coup, nous avons déjeuner ensemble…
Il y a deux mois, en arrivant en Argentine (takalireau19novembre), nous rencontrions à Ushuaia le directeur de Cinémaginaire d’Argelès sur mer. Cette planète est vraiment un village…

samedi 21 janvier 2006

Cabo Polonio, une "réserve naturelle"


Bon, fallait bien que cela arrive. Depuis 18 mois, nous reportions cette échéance avec la complicité du climat qui s’obstinait à tourner mauvais dès qu’on s’approchait d’une plage. Mais bon, là, on a été obligé, c’était dans le contrat : une projection en échange de 3 jours logés et nourris sur place. Et cette place, c’est une grande plage. Puis autant que vous vous y habituiez, dans un mois et demi, nous serons au Brésil.
Sachez qu’en plus, on en a profité sans vergogne : il a fait un temps splendide pendant une journée. Donc, au programme du vendredi matin : une heure de bronze-bedon sur la plage… Enfin une heure de vacances en un an et demi.

Cabo Polonio : ses dunes classées "Monument naturel", son village de pêcheurs, sa colonie de loups de mers et ses trésors cachés !
Le lieu a tout de la plage déserte, sinon qu’elle est peuplée… L’endroit tient son nom du capitaine Polonis, un Italien venu s’échouer là en 1760… Son bateau (et d’autres, dit-on) gît toujours par le fond (des habitants auraient chez eux des assiettes ou des boucles de chaussures retirées de l’épave).
Sur la côte Est du pays, Cabo Polonio est une petite péninsule de rochers qui avance en pointe vers l’océan. Autour, des dunes de sable et des pins. Une poignée de pêcheurs habitaient là jusqu’à ce que des touristes découvrent l’endroit. Des maisons précaires se sont construites peu à peu et l'on en compte aujourd’hui environ 300. Mais toute la zone est maintenant classée "Réserve naturelle". Les conflits avec l’Etat se sont multipliés jusqu’en 1999 où les habitants se sont fièrement dressés devant les bulldozers ! Un accord a alors été passé avec une centaine d’entre eux, ceux de la plage sud. Regroupés en société, "propriétaires associés" d’un condominium, ils gèrent leur territoire eux-mêmes et "font la police" : aucune nouvelle construction n‘est autorisée, ni même l’installation de barrières entre les maisons. Depuis, les baraques passent "en dur" et/ou s’équipent de capteurs solaires… Ah oui, parce qu’à Cabo Polonio, il n’y a ni eau courante, ni électricité. Et les membres de la société n’en veulent pas. Certains ont aménagé un puits et les livreurs d’eau et de glace passent plusieurs fois par jour pour les autres.


Sur le reste de la péninsule, quelque 200 maisons sont par contre en situation plus précaire : les autorités les menacent régulièrement de destruction… L’hiver, on dénombre une cinquantaine d’habitants (et beaucoup plus de loups de mer). Quelques-uns vivent de la pêche, la plupart des revenus de 3 mois de tourisme. Et quelques propriétaires viennent y passer leurs week-ends.


Et l’été, c’est une petite déferlante (pas Saint-Trop, tout de même) : les propriétaires en dur (!), les babas cool des baraques… et les touristes ! Bon nombre d’entre eux sont de jeunes surfers, le spot est séduisant. Ils sont amenés là par des camions 4x4 depuis les parkings installés sur la route à 5 km (seules les voitures des propriétaires sont autorisées).
Et tout ce petit monde cohabite tranquillement. Les uns chez eux, les autres dans le seul petit hôtel de l’île ou en louant une cabane (c’est plutôt onéreux, d’ailleurs, c’est fou ce que l’inconfort peut se vendre cher !), la plupart en y passant juste la journée. Et de tout ça naît une ambiance très décontractée que nous avons goûtée lors de la projection du film…

Marcelo, Uruguayen quadragénaire, la mine goguenarde, a voyagé un peu partout dans le monde, mais a toujours gardé son petit toit de Cabo Polonio. Maintenant, il vit 6 mois par an en Italie où il est cinéaste documentariste et 6 mois ici. Cette année, il a pris la gérance du restaurant bâti voici deux ans sur la plage sud par le consortium : construction en bois, une vingtaine de tables sur la terrasse face à l’océan et une carte plutôt minimaliste. Connaissance d’une connaissance de la Cinemateca, nous l’avons rencontré jeudi à 14h en arrivant à Cabo Polonio : «Oui, j’ai été prévenu de votre arrivée (les portables fonctionnent, de manière aléatoire). On projette ce soir ?». Un aller-retour au parking pour y prendre tout notre matériel de projection et quelques bagages, l’annonce de la projection sur "le" tableau d’affichage du village, la fixation de notre écran sur une des façades en bois de la terrasse, l’installation du matériel et à 21h, heure de la séance, tout est prêt.

Sur la première photo, le restaurant est la dernière bâtisse à gauche. Sur la seconde, il faut apprécier le nom du cycle "Cinemascopas" : en espagnol, les "copas", ce sont les verres (à boire)…

"L’effet congés" fonctionne une seconde fois. Mais dans l’autre sens. A 21h30, ils sont une cinquantaine. Mais de toute façon, la nuit n’est pas encore tombée… A 22h, c’est bon et ils sont 120 face à l’écran ! Terrasse bondée.
Nous regardons le public un peu inquiets tout de même : la moitié ont le look surfers. Combien de temps vont-ils rester face aux "Héritiers de l’Amazonie", peut-être un peu éloigné de leurs préoccupations et de leur mode de vie !? Eh bien tous, et jusqu’au bout. (Nous ne comprenons toujours pas bien ce qu’il se passe avec notre film !). Beaux applaudissements à la fin et débat nourri. Marcelo est ravi, nous aussi.


Cabo Polonio est à 200 km de Montevideo. A mi-chemin, en rentrant hier, nous sommes passés à Punta del Este, "la" station balnéaire fleuron du tourisme uruguayen. Vous vous souvenez évidemment de ce que l’on a raconté sur Viña del Mar au Chili (sinontakalirelesarchives - 22 décembre 2004). Et bien, c’est à peu près pareil : du béton, certes souvent très chic, des tours, des villas luxueuses, des restos branchés, une marina bourrée de hors-bord… Ne venez pas en Uruguay pour ça, il y a la même chose chez nous, vous économiserez 12 heures d’avion. Pour la peine, on ne vous met même pas de photos.
Nous demandions le matin à Claudio, récemment encore président de la société des propriétaires : «Cabo Polonio va-t-elle résister à la pression immobilière ou touristique ? Que va-t-il se passer dans 10 ou 20 ans ?». «Les statuts de la société empêchent tout achat massif des parts. Les actionnaires sont prioritaires en cas de vente. Et puis, par exemple, mes fils n’échangeraient pas notre maison pour tout Punta del Este». Nous non plus. En priant le dieu des Robinsons s’il y en a un.

mardi 17 janvier 2006

Projections à la Cinemateca

L’effet "congés" sur les projections de Montevideo a joué : seulement une centaine de spectateurs en 2 séances. Mais les organisateurs semblent heureusement surpris : ils craignaient d’en recevoir moins !


Le papier dans "El País" sorti hier (demi page avec photo en couleur à la une du cahier Culture), l’interview en direct de ce matin sur une chaîne de télévision et celle de 20 minutes de ce soir sur la "Radio Nacional" ont donc limité la casse.
Autre résultat de cette belle couverture médiatique : les coups de klaxons avec pouces levés et salutations diverses se multiplient dans les rues. Ça n’est pas une première, mais ça reste toujours très sympa…

dimanche 15 janvier 2006

Un dimanche sous la pluie

Depuis avant hier, il s’est remis à pleuvoir, sans discontinuer. Evidemment, nous aurions préféré découvrir Montevideo sous d’autres cieux.


Mais nous nous sommes fait une raison : d’une part, c’était vraiment nécessaire à la région qui commençait à souffrir de la sécheresse et d’autre part, nous goûtons nous aussi cette fraîcheur à 20°. Et puis la météo annonce le retour du beau temps pour demain…
Ici, nous sommes invités par l’hôtel Ibis : le partenariat avec le groupe Accor continue de plutôt bien fonctionner, lorsqu’il y a un hôtel du groupe là où nous passons. Et puis, belle idée de leur part, la connexion à internet se fait y compris depuis les chambres, par câble Ethernet. C’est la première fois que l’on trouve ça depuis le début de notre périple. Alors, nous en profitons pour peaufiner notre site et vous adresser ce message.
Vendredi soir : dîner en famille. Une soirée rapidement improvisée chez Lucia, professeur de français, amie d’Emilio (takalireau30décembre), avec laquelle nous étions en contact pour des tuyaux sur le pays. Elle nous a reçus avec sa fille (étudiante en communication et cinéma !) et le petit ami de celle-ci (musicien et cuisinier pour le plaisir) (le sien et le nôtre : excellentes, ses pâtes en sauce !). Une soirée très conviviale et pleine d’échanges.
Interviews : c’est reparti. Hier samedi, un entretien avec un journaliste (et un photographe) pour un article à découvrir demain dans El País, le plus gros tirage du pays. Et le soir, une heure en direct sur une radio associative "Initiative FM" d’un quartier populaire de Montevideo : un moment quelque peu pittoresque (et néanmoins très sympa), dans un studio monté de bric et de broc, sous les regards du Che, de Martin Luther King et de Charlot (entre autres). Tout cela pour annoncer nos projections de mardi.


Pour l’interview, nous étions accompagnés d’Alejandra, jeune coordinatrice (bilingue, elle a vécu deux ans en France) de la Cinemateca uruguaya. C’est cette étonnante institution qui nous programme, dans une de ses quatre salles. Etonnante, car cette cinémathèque quinquagénaire compte 10.000 adhérents, dans un pays de 3 millions d’habitants (dont la moitié à la capitale)… Nous avons visité hier la salle (500 places !) pour tester nos matériels (comme d’habitude, ça marche) et attendons le taux de remplissage avec émotion !!! Le point d’interrogation, c’est l’effet congés.
Et ensuite, soirée dans le genre cosmopolite. En sortant de la radio (à 22h et quelques), Alejandra, avec qui nous devions manger un bout, reçoit un appel : «Ce sont des amis qui nous proposent d’aller manger dans un bar musical avec un groupe de tango. Ça vous intéresse ? ». Vous imaginez notre réponse ! Vingt minutes plus tard, dans le plus ancien quartier de Montevideo, nous retrouvons une vingtaine de joyeux lurons, devant le bar complet ! L’improvisation a des limites… Qu’à cela ne tienne, c’est dans un autre resto-bar que nous nous retrouvons. Et finalement, tant mieux qu’il n’y ait pas eu de musique, nous avons pu parler. Et dans un charabia, mélange de français (outre Alejandra, deux autres amies le parlaient couramment), de brésilien (ils étaient quatre) et d’espagnol (des uruguayens et un colombien). Un beau moment festif avec des toasts appuyés à l’amitié des peuples latins…
Et puis la soirée a été l’occasion d’échanger des adresses emails avec la bande brésilienne. Nous sommes attendus à Belo Horizonte (!) que nous allons ajouter à notre programme…


Ah oui, au programme de ce dimanche pluvieux, il y a eu aussi une bonne sieste. Nous étions à nouveau rentrés à deux heures du matin. Ah le décalage horaire !

jeudi 12 janvier 2006

Il y a des jours comme ça

Il y a des jours comme ça où rien ne se passe comme prévu ! Au programme aujourd’hui : Resistencia - Montevideo. De l’ordre de 900 km, nous a-t-on dit.
Bon, c’est vrai que nous avions prévu de partir au plus tard à 8h. Mais, à la soirée d’anniversaire de Guilan (Colcombet) où nous ne voulions rester que le temps d’un verre, nous nous sommes un peu éternisés. Donc, nous sommes partis ce matin à 9h.
La frontière entre les deux pays, ce sont trois ponts internationaux sur le fleuve Uruguay. Un projet d’installation d’une usine à papier côté uruguayen et les inquiétudes de pollution qu’elle engendrerait, a déclenché un mouvement de protestation des écologistes argentins qui bloquent sporadiquement les dits ponts depuis deux semaines. Nous décidons d’entrer en Uruguay via le Brésil : ça n’est même pas un détour quand on vient du nord de l’Argentine comme nous. Simplement, ça va doubler les formalités douanières.
Et ça commence mal : à la frontière vers le Brésil, il y a pas mal de monde et l’immigration dure… Par contre, pour le Patrol, il ne nous est même pas délivré le moindre sauf-conduit ! Et hop, jusqu’à la frontière avec l’Uruguay, 80 km d’une route bien pourrie et déserte ! Au passage, nos yeux tombent sur un panneau kilométrique : Montevideo 710 km, alors que nous en avons déjà fait un peu plus de 500 ! En voilà une surprise ! Et il est 14h passé. Nous allons arriver plus tard que prévu…
Frontière uruguayenne : bonheur, nous sommes seuls ! Oui, enfin, bonheur, c’était la première impression. Parce que, pas de chance, les douaniers n’ont justement rien d’autre à faire que de vouloir fouiller Chano. C’est la première fois depuis le début de notre Itinérance. Cela dit, très sympas ces messieurs, nous avons passé 3/4 d’heure très agréables en leur compagnie…

Après nous : le déluge !
Et à peine a-t-on fini les formalités que dégringole du ciel une averse comme les tropiques en ont le secret : des trombes d’eau. Ces messieurs ne nous raccompagnent pas jusqu’à la voiture ! Elle n’aurait pas pu débuter une heure plus tôt, celle-là !?
Ou surtout des semaines plus tôt. Toute la région était au plus sec et les températures comme on vous en a déjà causé.
Et le déluge dure… Quelques kilomètres plus loin, à Belle Union, il est 17h02 quand nous trouvons "la" banque du patelin qui ferme à 17h ! On le sait tous, il y a des jours comme ça… Et le seul distributeur de billets est en panne, évidemment. Donc, pas d’argent local pour téléphoner à l’hôtel et prévenir que nous arriverons un peu tard !
Et le déluge dure toujours quand nous arrivons deux heures après à Salto, deuxième ville du pays. Plutôt belle, cette ville d’ailleurs, pour ce que nous en apercevons au travers de l’averse. Là, nous trouvons un distributeur salvateur et un centre de cabines téléphoniques ouvert. Il nous reste 500 km à parcourir et il est 19h00, jusqu’à ce que nos yeux tombent en arrêt sur la pendule du lieu : il est 20h00 ! L’Uruguay s’offre une heure d’été, comme la France, mais pas comme l’Argentine…
Nous devions être ce soir à Montevideo pour des rendez-vous demain avec la presse. Un coup de fil nous apprend qu’aucun média ne s’est manifesté pour le matin. Pour l’après-midi non plus, d’ailleurs… Nous prévenons nos contacts et l’hôtel à Montevideo que nous n’arriverons que demain.
Il y a des jours comme ça où soudain la pluie s’arrête, où la température chute de moitié en deux heures (il ne fait plus maintenant que 20°, très bienvenus), où l’on se trouve un petit hôtel en centre ville et où nous passons une douce soirée dans une bourgade très agréable qui n’était pas prévue au programme. Nous essaierons d’y revenir au retour…

mercredi 11 janvier 2006

Une véritable histoire de pionniers : les Colcombet

«Les Mexicains descendent des Mayas, les Péruviens descendent des Incas et les Argentins descendent des bateaux !». On vous la remet, parce qu’elle nous plait bien et parce que l’histoire qu’on vous raconte ici ressemble bien à ce pays d’immigrés…
A la fin de la guerre de 14, le Français Louis Colcombet se rend aux Etats-Unis pour le compte d’une Maison lyonnaise qui vend entre autres du fil de fer. On lui propose de monter la filiale argentine. Dans le bateau qui l’emmène à Buenos-Aires, il s‘amourache de la jeune harpiste qui jouait à bord : elle descend avec lui et ils s’installent dans le pays.
Inutile de dire que vendre du fil de fer dans un pays où l’on commence tout juste à installer des clôtures autour des haciendas de plusieurs milliers d’hectares, c’est une belle idée ! Les revenus de cette affaire et du capital apporté par Renaud Gillet (l’industriel et époux de Marie-France Colcombet, fille de Louis !) vont permettre d’acheter quelque 800.000 hectares de bois (2/3 de la superficie des territoires de l’arrière-grand-père de Geo, mais eux, ils les ont en propriété et les exploitent !). Et ça n’est pas n’importe quel bois, mais du "Quebracho", celui dont on fait le tannin qui sert à la transformation du cuir (et pas seulement du vin !). Et ça, c’est une autre très belle idée dans les années trente et quarante ! La troisième belle idée vient de Michel, l’un des fils. Il revient vers la "terre promise" argentine après avoir vécu la deuxième guerre mondiale en France, blessé et prisonnier des Allemands. Ici, au fur et à mesure que les arbres sont coupés pour le tannin, il achète et élève des vaches sur les terres ! Des milliers de vaches ! Fortune assurée !
Il était venu avec sa jeune épouse, Michèle Renée Defaye de Thiolis, descendante d’un Comte de France ! Ils eurent cinq garçons (dont l’un, pilote, mourut à bord de son planeur en 1986) et une fille. Tous, éduqués en français, se sentent aussi parfaitement argentins et sont restés ou revenus vivre dans la région. Nous vous en reparlerons dans un prochain épisode (et en particulier du "château"!), car ce sont eux qui nous accueillent depuis deux semaines dans la maison de leurs parents, et de quelle façon ! Tout cela suite à une rencontre presque fortuite…
Nous partons demain pour deux semaines en Uruguay, mais notre toit à Colonia Benitez nous attend déjà pour le retour !
Ah oui, les frères et soeur se retrouvent toujours dans cette maison, tous les dimanches. Et dimanche dernier n’échappait pas à la règle. Sinon que cette fois, ils nous ont remerciés de les accueillir chez nous !


lundi 9 janvier 2006

Ecrabouillés de chaleur

Resistencia : 27°30
Hélas, ce chiffre n’est pas la température (sinon, nous ne parlerions pas de "fournaise", ça n’est pas notre genre d’exagérer) ; 27°30, c’est la latitude de la ville…
Parce que depuis que nous sommes là, la température se balade du côté de 40°. Parfois à peine dessous, parfois dessus. Tiens, ci-dessous une température au-dessus, à la Une d’un journal d’ici.

"horno", en espagnol, ça veut dire "four" !

Pour survivre ici, il faut faire plusieurs pauses dans son réfrigérateur.
De nombreuses fenêtres à la maison créent bien des courants d’air, mais des courants d’air chaud ! Entre 13h et 17h, en ville comme dans notre village, tout est fermé… Sieste obligatoire ! (Chantons en chœur «Il fait trop chaud pour travailler !»). Remy nous a prévenu : «Il est moins mal élevé d’appeler quelqu’un à minuit qu’à l’heure de la sieste !»
Une autre solution semble être la baignade ! Au premier abord, ça a l’air sympa, non ?


Au deuxième rabord, l’eau est aussi marron qu’elle le paraît sur la photo et elle est à peine plus fraîche que l’air ambiant. Les chevaux apprécient tout de même, comme leurs jeunes gauchos… Nous y sommes allés parce qu’une voisine nous a dit : «Il n’y a aucun risque, les piranhas et les crocodiles sont bien nourris». Nous l’avons crue : il faut dire que la voisine en question est une amie, blonde suédoise (pléonasme) et qu’elle y va tous les jours…
Nous avons adopté une autre formule : être hébergés dans une maison ancienne, avec une pièce climatisée. Et une voiture climatisée pour aller faire une course ou faire une course, de n’importe où à n’importe où, mais souvent !

dimanche 8 janvier 2006

Gauchito Gil, bis

Nous vous avons déjà parlé (takalireau3décembre) de ces petits "oratoires" rouges décorés de rubans et drapeaux de même couleur à la gloire du Gauchito Gil. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de sa mort. Ce héros des gauchos déclenche une véritable dévotion : de son vrai nom Antonio Mamerto Gil Nuñez, il est considéré par les uns comme un chef de gang parce qu’il volait les riches, et par les autres comme un justicier parce qu’il redonnait aux pauvres et les défendait contre le pouvoir. Voire comme un saint, car on lui prête aussi quelques miracles : le premier au moment de sa décapitation par la police, le 8 janvier 1878 - la guérison du fils de son bourreau !


Plus de 100.000 personnes visitent chaque année son sanctuaire à Mercedes, la ville où il est né et enterré, et autant se déplacent aujourd’hui de tout le pays en voiture, à cheval, à bicyclette ou à pied… Il est fêté partout, même dans Colonia Benitez. La célébration traditionnelle s’organise autour de gigantesques "asados" gratuits. Payés par qui ? Certains prétendent que les vaches qui sont grillées ce jour-là sont volées !!!

dimanche 1 janvier 2006

Réveillon en famille

Emilio n’aime pas ces festivités imposées que sont les réveillons ! Il passe donc le sien sagement en famille avec sa mère et ses sœurs. Et puis il part ce jour pour un mois en France. Nous l’avons donc laissé à ses préparatifs, d’autant qu'il cherche un gros manteau ! Car les nouvelles de la météo française (et ses -10°) sont impressionnantes. Ici, la température flirte avec les 40°, ce qui n’est pas trop pour la saison, nous dit-on.
Nous avons donc accepté l’invitation de Rémy. Il est le consul honoraire de France à Resistencia. Lui, ses frères et sœur, descendants de français de l’Allier, ont tous fait souche ici. Nous allons rester quelques jours dans la maison inoccupée (de Colonia Benitez, village tout proche) que leur ont laissé leurs parents décédés voici deux ans et où ils se retrouvent tous les dimanches… Nous avons déjà surnommé le lieu le château !
Le réveillon s’est passé chez Guilan, l’un des frères de Rémy. Un asado, bien sûr : grillade d’agneau et de chevreau, salades de toutes sortes et vins argentins…


Aux douze coups de minuit, il faisait 25°.
Toute la famille est aux petits oignons. Nous sommes ici pour une dizaine de jours. Nous vous racontons la suite très bientôt…