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Pas de carnet de voyage "in vivo" en ce moment,
puisque nous sommes en France !

Mais vous pouvez retrouver ici l’intégrale des textes
que nous avons rédigés depuis mai 2004.

Des rencontres, des découvertes, du rire ou des larmes :
les émotions et les réflexions de notre vie de nomades…


dimanche 26 février 2006

Chez Barbara et Felipe

Au bout de 1.000 km, nous sommes finalement arrivés sur la côte, à Florianopolis. Et depuis hier, le temps est superbe.
Barbara et Felipe sont des amis d’une amie. Sur un échange de mail, l’invitation a été immédiate : «Venez loger à la maison». Depuis le début de notre Itinérance, nous restons sidérés par cet accueil spontané, tout simple et toujours avec chaleur. Nous ressentons que d’évidence la gentillesse, la générosité ou simplement l’envie de rencontrer passent avant la méfiance ou la peur de l’autre.
Barbara et Felipe n’échappent pas à la règle. Ils sont un jeune couple de "Carioca" (c’est le nom des originaires ou habitants de Rio), installé ici depuis une douzaine d’années. Elle étudiante en français, lui professeur de philosophie, ils ont vécu tous deux en France et parlent notre langue. Une aubaine car pour l’instant, nous pataugeons sérieusement dans les contacts. Grâce à eux, nous commençons à découvrir le "portugnol", mélange de portugais et d’espagnol, parlé par les régions frontalières des pays voisins du Brésil. Les deux langues sont latines, avec suffisamment de racines communes (d’autres avec le français) pour faire que nous devrions réussir à nous faire comprendre.
Florianopolis, capitale de l’état de Santa Catarina, est à cheval sur une île, un pont reliant les deux parties de la ville. Nous reviendrons ici projeter notre film fin mars et nous vous en raconterons plus. Mais pour l’instant, nous savons que le nord de l’île est touristique et le sud plus sauvage. Ça tombe bien, Barbara et Felipe habite dans le sud.

Tiens, ça c’est la vue depuis notre chambre :


Tout en continuant à sous-titrer notre film en brésilien (takalireau6février), nous passons ici un délicieux week-end pour nous préparer au Carnaval…

jeudi 23 février 2006

Nous voilà au Brésil

Et ça commence de façon plutôt surprenante, avec un décor et un climat que nous n’attendions pas vraiment : alternance de forêt subtropicale et de "bocage normand", que l’on devine sous un déluge de flotte…

Là, on vous emmène au cœur de l’action !

Et action est bien le mot.
Première constatation : après avoir dit combien nous avions apprécié rouler en Argentine, un paquet de brésiliens conduisent, eux, comme des branques. Ça roule plein pot (camions compris), ça double sans aucune visibilité, ça change de file sans prévenir et au dernier moment, tout ça sur une route en mauvais état, bourrée de virages et sous la pluie…
Résultat, en une demi-journée, nous avons déjà eu droit à deux bouchons à cause d’accidents : un choc frontal entre 2 voitures (vu leur état, les occupants n’auront sans doute pas le bonheur de vivre le carnaval de cette année ici bas) et un camion dans le fossé.
On pense parcourir 15 ou 20.000 km dans ce pays : ça va être chaud ! Vive l’aventure…

Argentina

Une folle tournée de 11.000 km en un mois avec les Alliances françaises nous permet une première découverte de l’Argentine : de l’immense Patagonie à la pampa des gauchos ou aux riches provinces viticoles. Après un séjour dans Buenos-Aires l’européenne, nous nous posons quelques semaines dans la province des steppes du Chaco, invités par une famille de descendants de pionniers français.
Nous quittons l’Argentine par un bouquet final : les missions jésuites de la belle province de Misiones et les majestueuses chutes d’Iguazú.

En cliquant sur les dates de la colonne de gauche, vous trouverez la quarantaine de billets que nous avons rédigés durant les trois mois et demi de notre périple ici. Attention, ils sont archivés, pour chaque mois, en ordre inversement chronologique…

Si vous ne trouvez pas le temps de tout lire, nous vous recommandons particulièrement :
- "San Juan, gastronomie et grande musique" (posté le 2 décembre)
- "Dernière projection de cette tournée argentine" (posté le 10 décembre)
- "Buenos-Aires l’européenne" (posté le 19 décembre)
- "Emilio, érudit épicurien" (posté le 30 décembre)
- "Gauchito Gil bis" (posté le 8 janvier)
- "Une véritable histoire de pionniers : les Colcombet" et "La famille Colcombet, suite" (postés les 11 janvier et 15 février)
- "Misiones, province argentine" (posté le 18 février)

República Argentina
- Capitale : Buenos Aires
- Superficie : 2 770 000 km2 (environ 5 fois la France), sans compter l’Antarctique
- Population : environ 40 millions d’habitants
- Langue officielle : espagnol
- Monnaie : peso argentin


(Source : Division Géographique de la Direction des Archives du Ministère des Affaires Etrangères)

Nous quittons l’Argentine

L’asado
Il faut que l’on vous reparle de cette véritable institution qu’est la grillade. Car ça a été une double surprise.
D’abord, les Argentins ne mangent pas la viande saignante, comme pourrait l’imaginer tout amateur de viande rouge de par chez nous. Ici, elle se consomme au minimum à point, héritage semble-t-il d’une époque où il était prudent de la faire beaucoup griller pour des raisons "d’hygiène alimentaire".
Et puis, surtout, n’imaginez pas vous offrir de somptueuses côtes de bœuf, ni même l’entrecôte, c’est quasi introuvable dans les boucheries. D’abord parce que la découpe est différente de sous nos latitudes. Les Argentins ont hérité du goût de ce qu’on appelle chez nous le "plat de côte", que l’on utilise par exemple pour le pot au feu. A la fin du 19ème, le pays exportait déjà massivement sa viande vers l’Europe (par bateaux réfrigérés)… Et c’étaient les morceaux les plus nobles qui partaient. Ne restaient ici que les carcasses, que les gauchos faisaient griller. D’où l’habitude de consommer ce plat de côte, la "costilla", qui vaut ici aussi cher (ou du moins aussi peu cher !) qu’un faux-filet par exemple, quand on en trouve. Eh bien cette costilla, grillée, est excellente. «Toujours d’abord l’os au plus près du feu ; une fois que l’os est bien chaud, on retourne et la viande cuit des deux côtés en même temps» nous a-t-on expliqué savamment.
Une institution, on vous dit…

Le quebracho
On en a déjà parlé de cet arbre natif qui sert notamment à faire le tanin. En plus, très dense, il ne flotte pas et il est imputrescible (il servait à réaliser des quais et des pontons dans bon nombre de ports, européens entre autres). Figurez-vous qu’il est idéal pour l’asado. Vous le faites brûler à côté de la grillade, il s’allume facilement, se consume tranquillement et fait une très belle braise que vous glissez au fur et à mesure sous la viande. Bon, vous allez dire «C’est intéressant de nous raconter ça, mais on n’a pas de quebracho». C’est vrai, mais d’abord, c’est de la culture générale, et puis le système astucieux qui consiste à fabriquer la braise à côté de la grillade, les Argentins l’utilisent avec tous les bois. Il suffit d’avoir un large barbecue. Toutes les maisons, en Argentine, en sont équipées… Nous n’allons pas vous redire que c’est une institution, mais Geo, le carnivore, vient de passer 4 mois au paradis… Il s’est même habitué à voir saler la viande avant de la griller !

C’est qu’on s’adapte en voyageant
Expérience sidérante, par exemple : arroser la viande rouge d’un filet de citron vert. Surprenant et délicieux.
Mais pire que tout, nous avons commis un réel crime (on a été forcé !) : nous avons mis des glaçons dans le vin rouge… «Chez nous, Monsieur, le vin rouge se boit chambré !» ne résiste pas longtemps quand la "chambre" fait 40°. La solution du vin préalablement au réfrigérateur, (qui constitue déjà un crime) est très temporaire : en quelques minutes, il est déjà tiédasse, puis vite franchement chaud. Nous avons parfois réussi à dégotter ou improviser un seau à glaces pour y glisser la bouteille (on aura tout essayé). Mais de guerre lasse, nous avons fini par craquer ; étymologiquement, nous avons dû nous "acclimater"… Il y aurait bien eu la solution de renoncer au vin, mais, ça, en Argentine, c’était au-dessus de nos forces.
La vie d’aventuriers n’est pas tous les jours facile…

Un petit mot sur la conduite
Ici, le permis de conduire ne se "passe" pas, il s’achète : en ce sens qu’il n’y a pas d’épreuve de conduite, ni même de code d’ailleurs. Il suffit de se rendre dans le bureau idoine de sa ville ou de son village, de payer subséquemment la taxe afférente et l'on repart avec le document. Un concessionnaire Nissan nous a raconté avoir vendu un jour une voiture à un client qui lui a demandé de la livrer à son domicile : il n’avait jamais conduit… Et puis il y a sans doute un code de la route, mais tout le monde l’ignore. Nous sommes un jour dans la voiture d’un ami (on ne donnera pas de nom !) à qui nous posons la question : «Qui a la priorité à un carrefour ?» «Celui qui vient de droite, comme ce bus». Nous, étonnés : «Mais il vient de gauche !» «Ah oui ! alors, ça ne doit pas être ça…». On en rit encore… Nous avons eu la curiosité de poser la même question à un flic qui nous a répondu, en gros : «Ça dépend…». On n’a pas insisté… Le plus sage : laisser la priorité à tout ce qui est plus gros que soi !
Cela dit, ça ne plaisante pas avec la sécurité : si tu es pris à conduire en état d’ivresse, on te supprime le permis… Et là, il suffit de passer dans la Province voisine, et tu t’en rachètes un autre. Si tu es peu connu, te rendre au village voisin peut suffire…
Cependant, depuis le début de notre périple, c’est en Argentine que la conduite aura été la plus agréable : beaucoup moins excitée (et moins agressive) que dans les pays voisins. Même à Buenos-Aires, c’est plus calme que Santiago, Lima ou La Paz.

Elisabeth va demander la double nationalité
D’abord un peu d’histoire. C’est un marin malouin (ça veut dire "de Saint-Malo") qui a donné leurs noms à ces îles "Malouines" au large de l’Argentine. Celles-la mêmes que la Grande-Bretagne appelle les Falkland et que les deux pays se disputent depuis des lustres, avec conflit armé dans les années 80. Elles sont toujours anglaises et, ça, ça reste en travers de la gorge des Argentins. Dans tout le pays, au bord de la route, des panneaux proclament "Les Malouines sont argentines".
Au début de chacune de nos projections, nous commençons par un film de cinq minutes présentant notre Itinérance et des portraits de nous deux, avec entre autres nos origines et des vues de nos deux villes, dont bien sûr Saint-Malo. Et nous avons pris l’habitude, à l’issue, de compléter d’un petit mot expliquant que, si nous avons bien compris, Elisabeth, puisque malouine, est donc argentine. A chaque fois, applaudissements complices…

Notre séjour en Argentine en quelques chiffres :
- projections : 12
- spectateurs : 497
- interviews radio : 7
- interviews presse écrite : 7
- interviews télé : 9
- nos différentes adresses : 30
- kilomètres parcourus : 21.092

Ciao Argentina !
Nous aurons passé, au total, près de 4 mois en Argentine. Ce pays démesuré, pourtant le plus "européen" de ceux que nous avons visités jusqu’à maintenant, nous aura profondément séduits : de la Terre de Feu aux impétueuses chutes d'Iguazú en passant par la Patagonie, la Pampa ou les paysages de montagne, il est d’une incroyable richesse naturelle. Et culturelle aussi, avec par exemple, une étonnante diversité musicale, nourrie de tous ces immigrants et qui va bien au-delà du seul fameux tango… A Buenos-Aires, les librairies fleurissent, des théâtres dans toute la ville, des cinémas, des opéras aussi. Bien au-delà de ce que nous avons pu voir dans les autres capitales sud-américaines.
Nous en avons pris plein les yeux, plein les sens et plein le cœur aussi. Car l’accueil est ici un comportement spontané, naturel : les bras et les portes se sont ouverts à nous, comme ça, simplement, chaleureusement. Toujours une bouteille de bon vin sur la table et la grillade prête à être improvisée…

mercredi 22 février 2006

Les chutes d’Iguazú, la démesure

Un final de rêve pour notre séjour en Argentine !
"Iguazú" veut dire "les grandes eaux" et l’endroit est bien sûr classé par l’Unesco au Patrimoine naturel de l’humanité.
On ne vous raconte pas combien il y en a, ni quelles sont leur hauteur et tout ça. On vous dit juste que c’est un spectacle majestueux : les chutes, gigantesques, se déversent dans un grondement impressionnant, une des plus fortes émotions visuelles de notre périple.
Celui qui n’a pas encore été convaincu d’écologie par des arguments scientifiques, le devient ici par romantisme !


Ajoutons juste qu'une projection du film était prévue, en plein air, sur une des places de la ville. Mais a été annulée en raison d'une averse dans l'après-midi qui a trempé le sol en terre. En quelque sorte, la projection à Iguazú est tombée à l'eau... (C'est vrai, on en a fait des meilleures !)

lundi 20 février 2006

Guaraguatay : "l’histoire du Che commence ici"

On pourrait se demander si certains offices du tourisme ne se moquent pas un peu du monde. Comme nous disait Pilar hier «C’est comme en France. A chaque fois que Napoléon a regardé une pierre, on a fait un musée autour». Parce que nous riions ensemble de ce "Solar du Che", proposé en visite aux touristes : ce cher Ernesto Guevara n’y a jamais mis les pieds ; c’est en fait l’endroit où il a été conçu (!), ses parents devaient être en vacances dans le coin. Nous n’avons pas fait les 6 km de détour depuis la route nationale pour découvrir ce lieu sans doute sublime. D’autant qu’il ne doit même pas y avoir une photo de la scène…
Si le Che reste un personnage mythique (et l’on comprend aisément pourquoi en parcourant ce continent : "Hasta la victoria siempre"), nous réalisons que nous vous avons aussi parlé de son "commerce" dans tous les pays depuis le début de notre périple. Evidemment l’Argentine où il est né ne pouvait échapper à la règle.
Par contre nous ne savons plus où nous avons lu un graffiti disant «Si un jour je reviens, je serai un Tee-shirt (Che Guevara)».

Tierra colorada

Savoir que la moitié des espèces d’oiseaux du pays sont répertoriées dans cette seule province de Misiones, qui représente à peine 1% du territoire argentin, donne une idée de la richesse de la faune et bien sûr de la flore : nous sommes sur le territoire de la forêt subtropicale et d’une riche agriculture poussant sur cette belle terre grasse. Et rouge. D’où son nom de "terre colorée".

Petit coup d’œil sur ce décor…

dimanche 19 février 2006

Une journée dans une "réserve naturelle urbaine"

Pilar et Renard, amis d’Emilio (de Corrientes, toujours lui !), nous ont invités à passer une journée dans leur "Rincón Nazarí", un endroit enchanteur qu’ils aménagent avec patience et passion depuis des années. Au milieu d’une centaine d’espèces d’arbres, ont été répertoriés, entre autres, quelques 128 espèces d’oiseaux (pour référence, il en existe 500 dans la Province et 1.000 dans tout le pays). Et ils dispensent ici des cours sur la nature et l’écologie, aux élèves de Posadas.
Car ce lieu magique est en pleine ville et a eu droit à l’appellation de "Réserve naturelle urbaine". Le concept existe un peu partout dans le monde. Il paraît que les anglais en sont très friands. Les lieux (privés ou publics) sont ainsi estampillés par des autorités compétentes selon, bien sûr, des critères de préservation de la nature.
Et dans ce décor enchanteur, les maîtres de maison nous offrent un accueil d’une extrême gentillesse, avec grillade et piscine au programme… Nous allons finir par nous croire en vacances.
Si vous avez envie d'en savoir plus, vous pouvez découvrir leur site en cliquant sur ce lien.

samedi 18 février 2006

Misiones, province argentine

Nous en rêvions depuis si longtemps, de venir ici. En particulier depuis que nous avons vu le film "Mission" qui raconte cette page poignante de l’histoire de l’Amérique du Sud. En 1767, le Pape et la hiérarchie catholique ordonnèrent l’expulsion par la force, puis la destruction de toutes les missions que la compagnie de Jésus avait installées dans la région quelque 150 ans plus tôt. Les Jésuites avaient eu la faiblesse de croire que les indiens Guaranis avaient une âme… Cela dit, tout en les évangélisant, les missionnaires leur avaient enseigné l’agriculture, avaient partagé musique et création artistique avec eux et surtout leur avaient appris à se défendre contre les mercenaires portugais ou espagnols qui voulaient en faire des esclaves ou leur prendre leurs terres ("un hectare était attribué en échange de chaque oreille d’indien")…

Projections à Posadas
Hier et ce soir, après 3 interviews télé, une émission de radio en direct et une page dans le quotidien local, deux belles projections au Centro Cultural de Posadas, la capitale de la Province (en présence amicale du Ministre de la culture et de l’éducation rencontré la veille !).

Des missions jésuites
Classée comme quelques autres au Patrimoine de l’humanité par l’Unesco, San Ignacio est l’une des mieux conservées en Argentine de ces missions jésuites (il y en a une trentaine entre ce pays, le Paraguay et le Brésil ; les voies du Seigneur sont plus impénétrables que les frontières…).


Ici ont vécu jusqu’à 4.500 indiens Guaranis. Et l’on retrouve, autour de la grande place centrale, les restes de l’église, des habitations, du réfectoire ou des ateliers…
L’endroit a conservé une âme et l’émotion est présente.


Santa Ana est dans un bien plus mauvais état, mais l’envahissement de la nature rend l’endroit encore plus prenant.

mercredi 15 février 2006

La famille Colcombet, suite

Nous avons commencé à vous raconter l’histoire de la famille Colcombet (takalireau8janvier). Voici la suite, toujours avec l’aide de Rolando : «Nos parents sont venus en Argentine pour fuir les guerres en Europe». D’abord à Formosa, 200 km plus au nord, sur les terres du grand-père dont les enfants ne sont plus sûrs si elles faisaient 800.000 hectares ou seulement (!) 200.000. Et puis à la naissance des premiers enfants, en 1950, la maman réclame la proximité d’une bonne école. Il y en a une à Colonia Benitez. Qu’à cela ne tienne, la famille déménage, en faisant suivre le troupeau de vaches à pied le long de la Ruta 11 (la route qui relie les deux villes), les gauchos encadrant le millier de têtes de bétail…
«Papa n’a jamais voulu se considérer comme un émigrant, mais toujours comme un Français vivant ici pour raison professionnelle». Même si les deux parents sont finalement morts et enterrés à Colonia Benitez. Et les enfants seront éduqués à la française. D’ailleurs, leurs prénoms sont français, "hispanisés" par l’usage… Mais tous sont maintenant installés ici. L’aîné, Eudes (prononcer "Eoudès"), après avoir joué les globe-trotters pendant 10 ans, est maintenant le vétérinaire de la commune. Remy ("Remiggio"), ingénieur électromécanicien est le grand chef de l’organisme national de contrôle des poids et mesures pour tout le nord de l’Argentine et le Consul honoraire de France à Resistencia. Ghislain ("Guilan"), artisan routier est basé à Margarita Belén (à 15 km d’ici). Roland ("Rolando") est, entre autres, professeur de français à Resistencia (il a été adjoint au maire de Colonia Benitez). Et enfin Marie-Laure ("María-Laura") est également professeur de français à Resistencia. A l’exception d’Eudes qui a épousé une Suédoise (rencontrée à Marbella, ça ne s’invente pas), tous ont épousé des Argentin(e)s. Cela dit, la vingtaine de petits-enfants semblent cette fois s’installer en Argentine, même si bon nombre d’entre eux apprennent le français.
Nous voulions vous les présenter parce qu’ils sont symptomatiques de ce pays de pionniers, mais surtout pour les remercier de l’accueil magnifique qu’ils nous ont réservé, à l’image aussi de tout ce pays. Suite à la projection de notre film à l’Alliance française de Resistencia, Remy, qui est aussi président de l’Alliance, nous avait invités à revenir quand nous le voulions. Nous nous sommes laissés faire pour quelques jours. Et nous venons de passer au total plus d’un mois (!) logés dans la maison de leurs parents, accueillis avec une simplicité et une générosité désarmantes…
Les frères et sœur Colcombet ont hérité de propriétés ici et dans l’Allier, mais «Nos parents nous ont surtout laissé un patrimoine très riche en amitié !» nous dit Rolando. Et il ajoute : «Vous en faites partie, maintenant !». Et il nous cite un proverbe argentin : cette maison est «un lugar donde caer muerto» - littéralement "un lieu où tomber mort", mais à traduire par «Vous trouverez toujours ici un minimum où vous pourrez mourir tranquille»…
Adios amigos ! Un immense merci pour tout.

lundi 13 février 2006

Paraguay, trois petits jours et puis s’en vont

Que vous en dire avec le peu de temps que nous y avons passé ? Le pays est très décrié par ses voisins, peu connu en Europe et pourtant, il ne faut pas hésiter à s’y rendre : un accueil des plus chaleureux de paraguayens charmants, toujours prêts à vous rendre service. Et en plus, il y a de très beaux sites à découvrir…
Le Paraguay présente une particularité parmi tous les pays de l'Amérique du Sud, puisqu'une langue indienne, le Guarani, est considérée comme langue officielle au même titre que l'Espagnol. Phénomène unique dans l'histoire de la colonisation espagnole, nous dit-on, les conquistadores apprirent le langage des indigènes.
Asunción, plus exactement "Nuestra Señora de Santa Maria de Asunción", est située sur la rive est du fleuve Paraguay. Elle est l’une des plus anciennes villes de l’Amérique du Sud, fondée en 1537.
Pas de chance, nous comprenons sur place que le week-end n’est pas le bon moment pour s’y rendre. Tous les commerces du centre d’Asunción sont fermés à partir du samedi midi. Et les rues sont donc désertes…
Mais c’est aussi, justement, un instant propice pour découvrir la ville en toute nonchalance. De grandes parties de la cité datent du 19ème siècle Elle présente de nombreux monuments, témoignages de son passé historique, mais quelques gratte-ciel commencent à poindre…
Les bâtiments publics et quelques restaurants ou hôtels, très bien conservés, contrastent avec "l’abandon" de son centre.

Le Palais Présidentiel et la Maison de la Culture

La cathédrale (et l’université catholique) et l’ancienne gare, aujourd’hui à l’abandon

Aussi, ce dimanche avons-nous quitté cette capitale pour aller nous balader à une cinquantaine de kilomètres de là.
Et nous avons été marqués par Areguá, un ancien village colonial bien paisible.
Là se trouve une petite gare construite en 1850 où touristes et locaux débarquaient (et débarquent encore) des plus anciens trains à vapeur du continent sud-américain, fonctionnant au bois de chauffe.
Dans l’attente de l’arrivée du train prévu à 11h45, nous prenons un café sur une terrasse où deux indiennes Guarani viennent s’installer à même le sol et défont leur baluchon. Elles en sortent le fruit de leur travail artisanal (bijoux fantaisies, sacs à dos de coton tissé, bourses tout en couleur etc.) qu’elles disposent sur une toile et d’un grand sourire nous invitent à dépenser quelques guaranis (c’est la monnaie locale).


Autour de l’église, on trouve, très bien conservées, de nombreuses maisons datant de la fin du 19ème siècle. Dans quelques rues adjacentes, ce sont de belles et grandes villas de style Renaissance. On en pousserait volontiers la porte pour y jeter un coup d’œil.
La rue principale est envahie de boutiques d’artisanat local, dont la spécialité est "le nain de jardin" (!) et autres objets de décoration extérieure. Pourtant, nous n’en avons vu aucun dans les parcs ombragés des résidences du village. Ils exportent ?


Voilà. Trois jours seulement dans ce pays où nous n’avions pas pu programmer de projections. Mais nous avons eu le temps d’être séduits par ce Paraguay pourtant dépeint comme le temple de la contrebande et de tous les dangers. Laissez dire et venez-y. Si tout le pays est à l’image de ce que l’on a découvert, ce doit être un vrai régal. D’autant que la nature y est annoncée splendide. Nous, nous y reviendrons, c’est sûr…

50.000 km
Fallait bien fêter l’anniversaire de Babeth. L’année dernière, c’était notre première (et toujours unique crevaison) en Terre de Feu, s’il vous plaît ! (takalirenfévrier05). Cette fois, nous lui offrons le 50.000ème kilomètre de notre Itinérance. Elle est gâtée, hein ?
Heu, nous avons aussi été dîner au restaurant.


jeudi 9 février 2006

Colonia Benitez, capitale botanique du Chaco

Le classement en réserve naturelle date de 1990. Augusto Schultz, un botaniste originaire de Corrientes, avait dressé dans les années 20 une liste de 278 espèces végétales présentes ici, et il est enregistré actuellement plus de 130 espèces d'oiseaux. A Resistencia, un musée de Sciences naturelles porte d’ailleurs le nom d’Augusto Schultz.


De longues rues de terre croisent la seule (et longue !) rue asphaltée. A tout moment, on s’attend à voir surgir, soulevant la poussière, une charrette tirée un cheval, menée un bonhomme coiffé d’un chapeau de cow-boy ; et d’ailleurs, bien souvent, on voit surgir, soulevant la poussière, une charrette tirée par un cheval (ou deux), menée par un bonhomme coiffé d’un chapeau de cow-boy, parfois d’une casquette de base-ball. Il doit y avoir ici plus de chevaux que de voitures. Et tout le monde se salue toujours…


La population de Colonia Benitez, au début du siècle dernier, était plus nombreuse. Mais Resistencia a finalement été choisie comme capitale de la Province et il reste aujourd’hui environ 2.000 habitants.
Ils sont bien sûrs descendants d’européens, d’italiens surtout. Rolando, l’un des frères Colcombet, nous a raconté quelques pages de l’histoire du village : «Des familles de français sont venus s’installer ici, au début du 20ème siècle, pas comme des immigrants fuyant leur pays parce qu’ils crevaient de faim, mais en tant qu’enseignants, menuisiers, maçons, ferronniers… Au cimetière, on trouve des noms comme Genoux, Maurel, Roger, Roux, Veron… Peu nombreux, toutefois. Comme dit Rolando «En général, les français, pas fous, cherchaient des endroits avec un climat plus agréable !»). Mais ceux d’ici fêtaient, dans un cercle social fermé, leur 14 juillet «C’était plus important que les fêtes patriotiques argentines. Ils faisaient venir leur champagne de France !»…
Tiens, au cimetière, on trouve aussi une stèle sur laquelle une femme (au nom italien) s’adresse en guise d’épigraphe à son mari mort trop jeune, à 30 ans : "Et maintenant, c’est moi qui me retrouve seule à faire le boulot et élever les enfants"…

1ère photo : la rue principale (notre rue, c’est la première à droite)
2ème photo : notre rue (la maison où nous logeons est à 500 m)


La première partie de ce qui précède a été écrite de bon matin, dans le patio de la maison. Nous étions accompagnés du délicat chant des oiseaux et de l’attaque en règle des moustiques. La suite, dans la seule pièce avec climatisation de la maison, que nous avons transformée en chambre et bureau. Il fait toujours autour de 40° en ce moment !

Et savez-vous que l’on s’y sent comme chez nous sous ce toit Colcombet ? Tiens, du coup, on vous offre quelques photos du "château"…


Nous partons demain pour une petite virée au Paraguay voisin.

lundi 6 février 2006

De retour à Colonia Benitez

Etrange périple que le nôtre. Le hasard de la programmation et des rencontres fait que nous alternons des périodes de grands mouvements (du genre des 11.000 km que nous avons parcourus en un mois à travers l’Argentine) et de longues pauses dans un même lieu.
Et justement, nous revoilà à Colonia Benitez depuis 10 jours.
C’est donc à 20 km de Resistencia, la capitale de la Province du Chaco (avec un gouverneur élu et ses ministres, une "Province", en Argentine, est l’équivalent d’un état : il y en a 23 dans le pays, en plus de la capitale fédérale, Buenos Aires).
Et nous sommes ravis d’être posés, car nous préparons en ce moment une petite virée au Paraguay pour la fin de la semaine et surtout notre tournée prochaine au Brésil. C’est-à-dire que nous prenons tous les contacts possibles avec des institutions culturelles et des lieux de projection potentiels, des partenaires et autres sponsors… Tout ça par téléphone et par mail : donc au moins une fois par jour, nous allons à Resistencia où se trouvent les cybercafés les plus proches.
Et ça se complique en raison du changement de langue. Nous ne parlons évidemment pas le portugais. Donc d’une part on s’est dégotté une méthode avec cassettes que nous écoutons en voiture : nous avons déjà appris "Bom día", "Obrigado" et "Caipirinha" (Bonjour, merci et on a soif). Et d’autre part, nous faisons tout traduire : les pages de notre site, notre document de présentation, une lettre-type, les jaquettes dvd, affiches, tracts et surtout le film que nous voilà embarqués à sous-titrer. Et nous recherchons un studio d’enregistrement pour un éventuel doublage à faire à notre arrivée à São Paulo ou Rio.

En plein effort dans un cybercafé à Resistencia

jeudi 2 février 2006

Itatí : une basilique, des plages et de la contrebande…

8h : nous nous mettons en route pour rejoindre Itatí, petite ville de 10.000 âmes sur les bords du fleuve Paraná, à 90 km à l’est de Résistencia. Nous y sommes attendus par Richard, argentin, étudiant en art plastique, rencontré chez Emilio.
A l’image de bon nombre de petites villes de la région, Itatí présente une artère principale asphaltée et de larges rues de sable, bordées de maisons au style espagnol à l’ombre de flamboyants, d’hibiscus, de cèdres ou de saules.


Au cours de la matinée, Richard nous fait découvrir le centre et la basilique construite en l’honneur de la vierge d’Itati qui aurait ici réalisé quelques miracles.
Le dôme serait parmi les 3 ou 4 plus grands du monde. Autre particularité : d’après un ingénieur que nous avons rencontré, il se serait déplacé, du fait des glissements de terrain, de 30 cm depuis sa construction en 1938.


«De quoi vit la ville ?» Richard nous répond : «Du tourisme religieux (chaque année, Itati reçoit 2 à 3 millions de pèlerins) et… de la contrebande…». Le Paraguay est de l’autre côté du fleuve et les "échanges" avec le voisin sont nombreux ! A cet instant, nous arrivons sur les rives du Paraná et voyons les douaniers vider un camion de dizaines de cartons de cigarettes, jouets et autres marchandises. Tout est moins cher de l’autre côté. Autour, une vingtaine de voitures séquestrées et déposées sur la plage forment le décor.
Puis nous déambulons dans les ruelles des "marchands du temple (!)". Comme à Lourdes, on y trouve tout un tas d’objets à l’effigie de la Vierge. Avec un plus local : à la demande des pèlerins, un prêtre sort de la sacristie pour bénir la voiture et ses passagers…


Et de là, nous allons à la maison familiale de Richard pour partager un Terere (prononcer téréré). C’est comme le "Mate" (tavékasuivre), mais avec de l’eau glacée, préférée dans ces régions du nord écrasées de soleil.
Déjeuner en famille et la maman de Richard nous fait goûter son "So Opa" (orthographe non garantie ; ça veut dire "Plus de viande" en guarani, langue des indiens vivant au Paraguay). C’est un cake salé de farine de maïs avec oignons et fromage, et c’est succulent. Il paraît que l’on mange très bien au Paraguay. Tant mieux, nous y sommes la semaine prochaine…
Une petite sieste, et hop, nous filons à la plage (lentement, il fait 40°), autre attraction d’Itatí. On n’y reste pas plus d’une heure (ça cogne vraiment) en passant de l’ombre des arbres à la fraîcheur de l’eau.


Richard, quant à lui, ne se sépare pas de son Terere !


Un petit café en terrasse pour finir cette tranquille journée de tourisme. Et oui, on vous l’a déjà dit, on s’entraîne pour le Brésil…
Un chaleureux abrazo à toute la famille et nous quittons le "Pueblo Santo" (village saint) comme l’ironise Richard.
Retour à Colonia Benitez : c’est pas tout ça, mais on a du boulot, déjà pour vous rédiger cette page…

mercredi 1 février 2006

Trois victimes en 20 minutes

En cette fin de journée pesante de chaleur, nous roulons sur une belle route à travers la campagne.
Quand soudain un premier oiseau vient s’écraser sur un de nos protège-phares en le fendant (fabriqué en Bolivie par Marcelo l’artiste - takalireau4décembre04). Dans les cinq minutes qui suivent, un deuxième oiseau explose le second protège-phare (opération kamikaze ?). Et la série continue : un troisième s’abîme sur le pare-brise (sans dommage, merci)… Un vrai suicide collectif !
En quelque sorte, dans la région, il semble que les oiseaux se scratchent pour mourir…
(Affligeant, on le concède !)

Nous sommes ici

Et une innovation, une : cette carte va vous permettre de repérer où nous sommes et nous vous la publierons, actualisée, régulièrement.
En rouge, le trajet parcouru depuis mai 2004. En noir, ce qui est à venir.
De retour d’Uruguay, nous voilà basés à Resistencia.
A suivre…