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Pas de carnet de voyage "in vivo" en ce moment,
puisque nous sommes en France !

Mais vous pouvez retrouver ici l’intégrale des textes
que nous avons rédigés depuis mai 2004.

Des rencontres, des découvertes, du rire ou des larmes :
les émotions et les réflexions de notre vie de nomades…


vendredi 14 avril 2006

Un gros coup de bonheur

Hier, nous sommes partis en direction de Rio par la route de la côte. Et là, le plaisir a commencé en profitant de la quiétude du paysage…


Dans l’après-midi, nous étions arrivés à Paraty, un lieu parfaitement enchanteur. On nous en avait parlé plusieurs fois, alors nous nous étions réservé du temps pour goûter l’endroit, où nous nous dégotons une pousada toute simple et accueillante (pousada veut dire littéralement auberge et celle-là s’appelle Cajaíba - si vous venez ici, nous vous la recommandons). Enfin plus de tours, ni de grandes artères, on perçoit l’horizon bordé par les collines environnantes, on respire !


Fondé au 16ème siècle, dans ce qui est devenu le parc national "Serra da Bocaina", ce petit port conserve, dans son centre historique, une architecture des plus harmonieuses de l’époque coloniale.


Les échanges commerciaux étaient ici importants aux 17ème et 18ème siècles et ont fait la richesse du lieu. L’or provenant des mines de l’état de Minas Gerais y était acheminé et embarqué sur les bateaux à destination de Rio de Janeiro. L’on y exportait aussi le café de la vallée du rio Paraíba. Avec la construction d’un chemin de fer entre Río de Janeiro et São Paulo à la fin du 19ème, le port tombe en désuétude et la ville dans la léthargie et l’oubli…


Aujourd’hui, Paraty revit grâce au tourisme, d’autant que sa baie abrite de magnifiques plages de sable fin aux eaux limpides et chaudes.
Nous parcourons tranquillement de bon matin ses ruelles pavées.
Et nous découvrons, entre autres, sur des façades, des symboles de la franc-maçonnerie qui influença l’architecture de la ville lors de sa restructuration au 18ème siècle.
Devant une de ses vieilles maisons, fraîchement restaurée, une femme nous aborde en colère : «É uma vergonha, aqui, nossos filhos não são dos ladrões». ("C’est une honte, nos enfants ici ne sont pas des voleurs !"). Et elle nous montre la ligne électrifiée sur le mur et deux caméras de vidéosurveillance. Elle n’a pas vraiment tort : jusqu’où va se ficher la peur ! Le propriétaire craint peut-être les descendants des pirates d’hier qui pullulaient dans la région… La maison est très belle, mais on ne vous en met même pas de photo, na !


On ne veut plus partir ! Mais bon, le devoir nous appelle…
En continuant vers Rio de Janeiro, nous nous offrons une petite halte sur une plage que nous découvrons par hasard, fréquentée par les locaux et où nous dégustons, dans une paillote, une fricassée de crevettes arrosée de citron vert…
Puis nous piquons une tête dans ces eaux paradisiaques avant de reprendre notre route vers Rio.

Au fait, nous venons juste de repasser au-dessus du Tropique du Capricorne...

mercredi 12 avril 2006

Projection à São Paulo

Nouveau passage éclair dans cette ville qui ne nous plaît décidemment pas…
Cela dit, Sylvie, la responsable culturelle de l’Alliance, avait envie d’accueillir notre film. Mais impossible de programmer un documentaire destiné au grand public dans une mégalopole dotée d’un tel foisonnement culturel : les spectacles s’y comptent chaque jour par centaines. Alors, elle nous a invités à projeter "Les héritiers de l'Amazonie" devant une cinquantaine de ses élèves et professeurs. «Merci de votre passage, de votre pèlerinage aux sources, de ce rêve vécu par vos ancêtres. Nos élèves ont été vraiment intéressés», nous a écrit un professeur… Ravis. Merci Sylvie.

mardi 11 avril 2006

Un petit coup de bonheur !

São José dos Campos est à une centaine de km au nord de São Paulo, quelque chose comme Lourdes et Toulouse réunies : elle est un sanctuaire à la vierge qui draine des centaines de milliers de pèlerins chaque année, tout en étant la capitale brésilienne de l’aéronautique.
C’est dans le jardin de l’Alliance française qu’une équipe de télévision nous attend pour une interview, alors que nous n’alignons pas trois mots de portugais sans glisser des mots d’espagnol. Ça va durer 40 minutes !!! Ils sont repartis en ayant l’air bien contents : ils ont tout de même dû en voir pour le montage ! Ils nous ont promis une copie de l’interview telle que diffusée…

Cette fois, le directeur, José-Maria, a choisi d’organiser la projection dans son Alliance. Quatre-vingt chaises sont installées dans son hall multi-fonctions : une secrétaire va compter 114 spectateurs…


Parmi eux, l’un est particulièrement ému en venant nous parler à l’issu de la projection. José-Maria nous l’avait présenté autour d’une table hier soir : Ange est un catalan (petit fils d'un des grands écrivains de la catalanité), vivant depuis des décennies au Brésil, y ayant fait tous les métiers, en particulier à Manaus, et maintenant installé avec sa femme Ilma à São José dos Campos. Entre autres, il a monté l’équipe de rugby de la ville qui aujourd’hui est leader du championnat brésilien… Nous nous quittons sur l’idée d’écrire un jour l’histoire de sa vie. Chiche !

De retour à l’hôtel, nous lisons le livre d’or. Ce soir, une main y a écrit : "Un jour, je ferai un film sur vous !! signé : Angela"…

lundi 10 avril 2006

Coup de blues sur Itinérance

Nous nous rendons compte que nous vous écrivons toujours que tout va pour le mieux, que tout est rose dans notre périple. Mais depuis quelque temps, le bourdon nous gagne. Pourquoi ne pas vous le faire partager aussi…?

Bien sûr, nous n’en revenons pas de ce qui nous arrive. Presque deux ans que nous sommes partis, que nous avons tout lâché pour nous lancer dans cette aventure. Nous ne nous étions pas trompés, nous étions bien faits pour cette vie de nomade qui nous comble : cette infinité de rencontres, furtives ou prolongées, légères ou intenses, dont beaucoup demeurent fidèles après des mois, ces découvertes de paysages, de villes, de villages qui nous enchantent, ces soirées ou journées de partage…
Et puis nous n’imaginions pas de telles réactions à notre film : le public vibre volontiers à la ténacité de l’arrière-grand-père à poursuivre son rêve d’enfance, et adresse tant de messages de sympathie et d’encouragements aux "héritiers" que nous sommes à vivre nous aussi la vie dont nous rêvions. (Quelle belle idée nous avons eu d’ouvrir un livre d’or depuis notre arrivée en Argentine !).
Notre "Itinérance" se voulait au départ un périple inspiré par des valeurs qui nous guident (pour "découvrir, partager, échanger") ; elle est perçue maintenant, sans que nous n’en aillions défini de stratégie, comme une aventure "humaniste", porteuse de «respect de la diversité culturelle» (sic). Et nous n’imaginions pas recevoir autant de soutiens "institutionnels", comme le dernier en date : la commission française de l’Unesco…

Et puis il y a l’autre face de notre voyage et en particulier son incroyable fragilité. Les projections ne suffisent pas à en assurer le financement et nous ne réussissons pas à transformer les soutiens moraux en appuis financiers, ce qui rendrait d’ailleurs la reconnaissance plus tangible ! Résultat : nous finirons cette seconde "saison" le mois prochain en rentrant en France, sans savoir si nous pourrons en démarrer une troisième. Nous consacrons un temps infini et surtout une folle énergie, multipliant mails et coups de téléphone, à une quête presque sans résultat. Déprimant…
Nous faisons feu de tout bois. Tiens, un exemple : ce matin, nous avons rencontré le responsable de la programmation documentaire d’une belle chaîne culturelle en réseau sur tout le pays. Très intéressé par la diffusion de notre film qu’il a beaucoup aimé, il nous propose une triple diffusion avec six mois d’exclusivité pour… 500 US dollars. Il nous a assommés, lui ! C’est comme ça que fêler un pare-brise prend des allures de catastrophe, alors que nous sommes dans une longue période très itinérante : 2 projections par semaines, avec 400 ou 500 km de routes entre chacune. Donc, difficile de nous poser vraiment et nous prenons du retard sur tout : la rédaction du blog et ses photos, l’entretien des liens amicaux par mails, le derushage ou la comptabilité (!), en ne prenant pas le temps suffisant pour filmer ou simplement avancer nez en l’air pour goûter des lieux superbes que nous apercevons…

Ça a l’air de la peur
Tant qu’on y est, on continue. Nous disions un jour à un directeur d’hôtel qui nous invitait de façon très pressante à la prudence : «Il n’y a vraisemblablement pas plus de voleurs ici qu’à Paris». Il nous avait répondu : «Oui, mais il y a beaucoup moins de gens à voler» !! La réponse nous avait bien plu.
Mais depuis notre arrivée au Brésil, autant vous le dire crûment, le discours sécuritaire nous gonfle sérieusement ! Omniprésent, lancinant, pour telle ville, tel quartier ou telle route, à propos des voleurs, des assassins, de la conduite des bus ou de celles des camions :
- «Surtout pas d’appareil photo ou de caméra dans le quartier historique !». C’est peut-être raisonnable, mais on fait comment pour filmer ? Et puis il y en a qui vont nous réclamer des photos sur le blog !
- «Vous achetez à manger à des marchands ambulants sur les trottoirs ? Moi, en 2 ans au Brésil, je n’ai jamais fait ça…» (Bon, enfin, dans certains endroits, on ne consomme tout de même que du cuit, des fois que par 35°, ils n’aient pas respecté la chaîne du froid…).
- Nous nous promenons dans São Paulo avec une amie brésilienne. Soudain, elle nous dit : «Surtout, ne parlons pas en français, ils pourraient repérer que vous êtes des touristes». Nous regardons autour de nous : que des passants à l’allure débonnaire. Mais le quartier est "classé" dangereux.

Depuis le départ, nous sommes plutôt prudents, entre autres en évitant d’être ostentatoires, car évidemment, nous n’avons pas vraiment les moyens de nous faire tirer la caméra ! Et il ne nous est donc encore rien arrivé, malgré notre Patrol et sa décoration qui ne nous rend pas vraiment discrets !
Mais que faire de cette pression omniprésente ? Réalité ou paranoïa ? Il y a bien sûr des deux… Nous n’avons pas envie de céder à la peur permanente. Car nous nous retrouvons en plein paradoxe. Nous qui pensons que notre société occidentale vit trop sous l’emprise de la peur, poussant à des comportements collectifs irrationnels (pas besoin d’épiloguer…), nous voilà au bout du monde confrontés au même dilemme !

Bon, on ne s’éternise pas là-dessus, on avait juste envie de partager avec vous aussi autre chose que "tout baigne" dans notre tour du monde…

Notre première interview TV en portugais et la préparation d’une nouvelle projection nous attendent. On va se régaler ! Haut les cœurs…

vendredi 7 avril 2006

Cette fois, un "Institut d’art et d’humanisme" !

C’est cela le Studio Clio où nous projetons ce vendredi soir, "un espace voué au plaisir de la connaissance".
C’est ce que nous a offert Yves Mahé, le directeur de l’Alliance française de Porto Alegre. Du fait d’un déplacement à Rio, nous n’aurons pu le voir que le temps d’un dîner avant hier, l’occasion d’un "rodizio". Le rodizio est un service très fameux au Brésil : un buffet, généralement copieux, auquel vous allez vous servir à volonté d’entrées, de salades, de légumes, de fromages, etc. tandis que les serveurs passent de tables en tables et déposent, à votre demande, directement dans votre assiette, des grillades qu’ils transportent au fil de leurs épées…

Le Studio Clio a été fondé par Francisco Marshall dans une maison historique de Porto Alegre (capitale de l’état de Rio Grande do Sul, le plus au sud du pays). Seul ombre à la soirée, le peu de spectateurs mobilisés, malgré une interview radio réalisée l’après-midi : depuis la chambre de l’hôtel, une première "en direct" au Brésil pour nous qui ne parlons pas le portugais ! Il paraît que c’est très bien passé… Mais le plaisir de la projection aura tout de même été grand : l’agencement du lieu est superbe, la décoration d’une grande élégance et l’équipement de la salle "multimédia" vraiment impressionnant. Jamais nous n’avons vu "Les héritiers de l’Amazonie" dans d’aussi bonnes conditions ! Qu’il est beau notre film !!!


Et à l’issue, la famille de Fernando, présente au grand complet (Renato, le père, est rentré la veille de voyage), nous invite à nouveau au restaurant. Sans commentaires !

mercredi 5 avril 2006

Porto Alegre la bienvenue

Nous sommes arrivés à Porto Alegre hier à la tombée de la nuit, encore sous le coup de l’épisode pare-brise. Dans le centre, un motard nous aborde à un feu rouge (Nous n’avons pas complètement adopté la conduite brésilienne et on s’y arrête encore la nuit !) (sauf à Rio…). Il nous présente sa carte "Office du tourisme". Nous nous garons et l’homme nous questionne : «Vous êtes touristes ? Vous cherchez un hôtel ?» Et il nous indique l’adresse de l’office du tourisme. Là, on est bluffé ! Jamais vu ça encore ! «Non, merci. Nous devons retrouver des amis et justement, nous cherchons une cabine téléphonique pour les joindre ?». Et il nous en indique une proche. «Bienvenus à Porto Alegre et bon séjour chez nous…! » Quel pays !

Nous appelons l’ami Fernando : «Nous sommes arrivés, comment vient-on chez toi ?». «Bougez pas, je viens vous chercher !». Vingt minutes après, le voilà. Nos retrouvailles sont un plaisir et les abraços sont à la brésilienne ! Nous filons chez lui et nous racontons nos vies depuis 3 mois que nous ne nous sommes pas vus. La chambre d’amis nous attend et il nous invite à prendre le temps d’une douche en attendant Renata, sa sœur, et Sonia, sa maman, qui arrivent plus tard. «Allons au restaurant, ce sera plus simple que de faire la cuisine» dit-elle. Et il sera évidemment impossible de payer ni même partager l’addition. «Vous nous inviterez quand on viendra vous voir à Saint-Malo ou Perpignan !». Ce matin, nous quittons ces amis en nous donnant rendez-vous pour la projection de notre film après-demain.
Ah oui, "l’ami" Fernando est étudiant et nous le connaissions pour avoir juste discuté 10 minutes avec lui sur le parking d’un hôtel en Uruguay, voilà trois mois. Il nous avait dit : «Si vous passez à Porto Alegre, venez à la maison !». Depuis, nous avions gardé le contact par mail. Voilà comment on devient amis au Brésil…

Nous en avons oublié pour la soirée notre pauvre pare-brise. Mais Fernando sait où se trouve le concessionnaire Nissan et insiste pour nous y accompagner dans la foulée. «Je rattraperai le cours à la fac !». Hélas, c’est confirmé, il n’y en a aucun dans tout Nissan-Brésil, ni même chez les fabricants indépendants que le concessionnaire prend la peine d’appeler… Nous décidons donc de voir cela avec Nissan do Brasil qui, comme dans les autres pays, nous offre l’assistance technique…

Nous sommes ici :

(T'as vu, Thierry, on fait clignoter moins vite pour que les piles tiennent jusqu'au Mexique…)

mardi 4 avril 2006

Mauvais coup sur le Chano

(Bon, pour ceux qui n’ont pas suivi depuis le début, Chano, c’est le surnom de notre cher Patrol, constitué des deux premières syllabes de "château" et "nomade" : nos deux rêves en un !)
Bref, le mauvais coup, c’est pour lui, mais pour nous aussi.
Le décor : une route parfaitement pourrie comme le Brésil nous en offre des milliers de kilomètres depuis un mois et demi. Pour tout dire, la "route de la mort" (takalireau4mars), en comparaison de ce tronçon, c’était du gâteau ! Au volant, Babeth se débat, sur une portion particulièrement défoncée, entre trous et camions, travaux et virages, pour maintenir une moyenne à peu près potable : nous sommes attendus ce soir à Porto Alegre et voulons arriver avant la nuit. Et Geo travaille à côté, se disant qu’il va arrêter un peu, lassé de retenir l’ordinateur qui se balade d’une cuisse à l’autre…
Et crac ! Mauvaise synchronisation des éléments qui manifestement, aujourd’hui, sont contre nous : au moment même où nous le croisons, un camion projette une splendide caillasse qui heurte de plein fouet notre pare-brise. Le résultat, le voilà en photo, pour la partie visible.


Pour le reste : de la partie écrasée du pare-brise, il ne reste plus de verre. De minuscules particules sont tombées sur nous et le clavier de l’ordi ! (Cela dit, chapeau à Nissan qui installe des pare-brises vraiment costauds ! Inimaginable qu’il ait résisté. Nous-mêmes avons fait doubler les vitres latérales d’une pellicule plastique pour éviter les effractions : si c’est aussi solide, le mec qui voudra les briser devra être très très fort !).
Nous nous arrêtons pour évaluer les dégâts. Bonnes nouvelles : les touches de l’ordinateur fonctionnent toujours et nous nous époussetons sans égratignures. Tout baigne.
Mais c’est tout de même une vraie tuile. Le Patrol est un modèle qui n’est pas distribué au Brésil. Donc, nous le savions, il n’y a pas de pièces détachées. Notre planning de projections est bouclé pour les semaines à venir : impossible de nous arrêter, ni même de filer au Paraguay voisin (il doit bien y avoir 2.500 km aller-retour jusqu’à Asunción pour trouver l’importateur le plus proche !). Comment va-t-on pouvoir le faire importer ? Et surtout à quel prix ?
L’impact est devant la place du conducteur : combien de temps va-t-il falloir rouler ainsi, si le pare-brise veut bien tenir ? On essaie de rire, mais nous repartons maussades…

lundi 3 avril 2006

De retour sur l’île de Florianopolis

Chez Geneviève et Mario
Les Alliances françaises (ici comme partout dans le monde) sont dirigées soit par des locaux ou français implantés de longue date (c’était le cas à Londrina et Curitiba), soit par des français en contrat d’expatriation, comme Frédéric ici. Lui a choisi de nous héberger chez l’habitant, formule que l’on apprécie beaucoup : l’hôtel nous donne plus de facilités pour travailler, plus d’indépendance ; mais les séjours chez l’habitant nous offrent la rencontre, l’échange, nous permettent aussi d’apprendre davantage sur le pays…
Et quand, en plus, il y a un tel sens de l’accueil ! Geneviève et Mário, qui nous reçoivent, se sont posés depuis peu à Ponta das Canas, tout au nord de l’île. Après un passage en Afrique et plus de vingt ans au Brésil, ils ont trouvé (et retapé avec amour) une grande maison, dans une ruelle à deux pas des mangroves et de la plage. Nous passons trois jours délicieux chez eux, comme des coqs en pâte, d’autant que les petits déjeuners sont impressionnants, la cuisine de Geneviève un vrai bonheur et Mário un expert en grillade !
Elle était professeur de français et Mário consultant en finances et gestion. Lui continue d’ailleurs de donner des coups de main à des entreprises locales et participe aussi au développement touristique de la région. Et c’est un joli casse-tête à résoudre. Car tout le sud du Brésil, et en particulier cet état de Santa Catarina, mal connu à l’étranger, est une destination idéale de vacances, mais qui souffre d’un grave problème : elle manque furieusement d’exotisme ! Elle est loin des clichés du Brésil et offre des décors qui ressemblent à des choses que nous connaissons déjà en Europe. Sinon qu’ici, ils sont encore préservés : des montagnes couvertes de forêts (dont la "Mata Atlântica" millénaire qui descend ici où là jusqu’à la mer), des rivières, des lacs, des sources thermales, des plages à l’infini. Quant à l’architecture et la culture, elles sont le fruit du métissage d’une multitude de peuples européens et, dans une moindre mesure par rapport à d’autres états brésiliens, des indigènes et des noirs descendants de l‘esclavage. Le tout donne une grande richesse à découvrir… Sachez que Geneviève et Mário imaginent transformer leurs chambres d’amis en chambres d’hôtes et se lancer dans cette nouvelle expérience : alors, si vous passez par là, demandez leurs coordonnées à l’Alliance. Dommage, la "table d’hôtes" n’est pas prévue au programme de leur nouvelle activité !

Projection dans un restaurant
De notre côté, le programme est trop chargé pour nous permettre beaucoup de tourisme durant ces trois jours. Nous prenons tout de même le temps de goûter à la plage : putain que l’eau est bonne !!!
Et puis nous préparons la projection avec Frédéric, directeur très sympa de l’Alliance, qui nous invite à goûter, dans un des restaurants typiques, la spécialité de l’île, la "seqüência de camarões", quelque chose comme une farandole de crevettes : moment complice en sa compagnie…
Nous nous occupons aussi du Patrol : une des décorations a "explosé" sous la pression d’un karcher fou, d’autres commencent sérieusement à se dessécher ou se décoller (7 ans de garanti !). Aussi devons-nous en changer. Et nous y ajoutons de nouveaux stickers en brésilien.
Nous avons projeté "Les héritiers de l’Amazonie" dans toutes sortes de lieux (villages indiens, cinémathèques, salles de classes, bateau de croisières et plein d’autres, takaliretoutleblog), mais Frédéric nous offre une première : dans un restaurant ! une salle réservée à ce genre de manifestation. C’est la première saison du "Lagon Lounge Bar", sur la Lagoa de Conceição.


Claude, le patron français, marié à une brésilienne d’ici, semble plutôt content de ce début d’activité. Il faut dire que le décor est très sympa et que l’on mange plutôt bien chez lui, avec de temps en temps une animation musicale. Et puis il tente d’animer le lieu hors saison avec, pourquoi pas, la présentation d’un film ! C’est donc le restaurant qui finance l’opération. Plutôt joli coup pour lui : le service de presse de l’Alliance française a réussi à faire annoncer la projection dans son restaurant à la une des cahiers "culture" des deux quotidiens locaux. En ce dimanche soir, une cinquantaine de chaises est installée dans la salle, mais il faut en entasser une dizaine de plus et une partie du public restera debout au fond. Et à lire les messages laissés ce soir-là sur notre livre d’or, l’idée de faire venir des clients dans un restaurant pour voir un documentaire n’était pas si incongrue que ça…


Tiens, dans ce livre d’or, Geneviève et Mário ont écrit : «Sait-on jamais qu’au pied d’un arc-en-ciel vous trouverez l’arche des Fabre pleine d’or…». Merci à tous deux. Nous ne vous oublierons pas, et chercherons au pied de chaque arc-en-ciel que nous croiserons sur la route…

Projection à l’université
Et aujourd’hui, nous enchaînons avec une autre projection, cette fois à l’université, dans l’école de cinéma. Lors de notre premier passage ici, par l’intermédiaire de Barbara et Felipe (voir le 26 février). nous avions rencontré Ralf et Márcia. Cinéastes - producteurs, travaillant entre Florianópolis, Rio de Janeiro et l’Allemagne, ils nous ont ouvert de multiples portes pour nos contacts au Brésil. Ils sont aussi professeurs de cinéma à l’université. Alors l’idée de rencontrer leurs étudiants pour un témoignage a vite fait son chemin et pour la troisième fois (après nos deux expériences boliviennes), nous nous offrons ce plaisir : pendant une heure, échanger sur le tournage, la réalisation, le montage et la production du film. Une expérience décidemment très sympa !
Et hop, deux photos de Florianópolis avant de partir…


samedi 1 avril 2006

Rencontre avec le ministre !

Gilberto Gil nous a reçus lors d'une soirée de Gala à Florianópolis. Ministre de la Culture du Brésil, il a confirmé l'année de la France au Brésil pour 2008.
A cette occasion, Gilberto Gil, après l'avoir visionné, a levé tous les doutes sur l'ambiguïté que créait ici le titre de notre film…
Et il a annoncé la création d'un prix "Os herdeiros da Amazônia" qui récompensera, chaque année, les meilleurs documentaires sur des aventures humaines…
La soirée s'est terminée par un dîner de gala où nous avons pu goûter le plat traditionnel catarinense : o peixe de abril.
Un vrai bonheur !


(Cliquez sur l'image si vous souhaitez l'agrandir)