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Pas de carnet de voyage "in vivo" en ce moment,
puisque nous sommes en France !

Mais vous pouvez retrouver ici l’intégrale des textes
que nous avons rédigés depuis mai 2004.

Des rencontres, des découvertes, du rire ou des larmes :
les émotions et les réflexions de notre vie de nomades…


mardi 19 septembre 2006

Nous allons repartir…

Voilà presque deux semaines que nous sommes rentrés…
L’épisode "douane brésilienne" nous a laissé le sentiment frustrant que, pour une fois, les événements avaient décidé à notre place !
Mais ces deux semaines de repos et de réflexion nous amènent à l’évidence de notre prochain départ…

Dans notre premier billet, en mai 2004, nous écrivions : «Ce n’est pas le même homme qui part et qui revient…». Nous ne savons toujours pas qui a écrit cette phrase (!), mais elle nous va toujours très bien !
Ces deux années de voyage auront été d’une incroyable richesse, au-delà de tout ce dont nous pouvions rêver… Ce mode de vie nomade, les rencontres, les découvertes, les échanges, tout ce que nous avons vécu (et, nous espérons, partagé avec vous dans ces pages) nous a bouleversés et sans doute changés.
Et pourtant, une chose n’a pas changé : notre soif de voyage ! Nous ne sommes pas guéris, docteur… Le virus continue son effet : à croire que plus on voyage, plus on a envie de voyager. Nous ne sommes pas rassasiés : nous voulons plus encore continuer à partager la quête de notre rêve, sous d’autres latitudes, en découvrant d’autres cultures. Notre intention de départ est intacte, comme au premier jour…

Tiens, à propos de premier jour, nous fêtons aujourd’hui le septième anniversaire de notre rencontre. Quel chemin vécu ensemble ! entre l’expédition en Amazonie de 2001, la réalisation du film et cette Itinérance…
Nous avons arrosé ça à "La Caravelle" (tout un programme !), face à la mer à Saint-Malo : l’envie de partager cette petite page intime avec vous, juste pour vous dire que nous venons de trinquer… à notre prochain départ ! Il ne nous reste plus qu’à trouver les moyens et la date…

mercredi 6 septembre 2006

Brasil

Ce que nous découvrons des multiples visages du Brésil est à la hauteur de sa réputation. De Curitiba la "blanche", championne mondiale du traitement de l’environnement, à Salvador de Bahia, "noire" et vibrante, en passant par le sidérant patchwork de Rio de Janeiro, la stressante São Paulo ou les ruelles pavées de Paraty, nous nous abreuvons du si riche métissage brésilien.
Nos retrouvailles avec Belém, 5 ans après le tournage de notre film, sont gâchées par les démêlés juridiques liés à une stupide histoire douanière. Ils nous permettent de goûter cette ville amazonienne pendant un mois et demi, mais une amende à laquelle nous ne réussissons pas à échapper nous oblige à interrompre notre tour du monde.

En cliquant sur les dates de la colonne de gauche, vous trouverez la soixantaine de billets que nous avons rédigés durant les quatre mois et demi de notre périple ici. Attention, ils sont archivés, pour chaque mois, en ordre inversement chronologique…

Si vous ne trouvez pas le temps de tout lire, nous vous recommandons particulièrement :
- "Rio de Janeiro, un patchwork sidérant" (posté le 20 mars)
- "Itinérance en prison" (posté le 23 mars)
- "Rencontre avec le ministre" (posté le 1er avril) : un nouveau poisson qui a encore attrapé presque tout le monde !
- "Coup de blues sur Itinérance" et "Le sale air de la peur" (posté le 10 avril)
- "Un gros coup de bonheur" (posté le 14 avril)
- "À boire et à manger" (posté le 31 août)
- "Les deux visages du Brésil" (posté le 6 septembre)

República Federativa do Brasil
- Capitale : Brasilia (plus grandes villes : São Paulo et Rio de Janeiro)
- Superficie : 8 512 000 km2 (plus de 15 fois la France)
- Population : plus de 180 millions d’habitants
- Langue officielle : portugais
- Monnaie : real


(Source : Division Géographique de la Direction des Archives du Ministère des Affaires Etrangères)

Les deux visages du Brésil

Nous aurons donc passé plus de quatre mois dans ce pays, nous laissant un goût étrange.
Oui, le Brésil que nous avons découvert est bien celui que l’on ressent de loin : patrie de la fête, du Carnaval, de la musique et de la sensualité. Ici, on ne se serre pas la main distraitement, on ne s’embrasse pas du bout des joues : l’accolade, le contact, le rire sont toujours chaleureux. Nos rencontres y ont été plus souvent affectueuses que partout ailleurs. Et ce gigantesque pays vit, créé, invente avec une formidable énergie…
Mais, outre que des pans entiers de la population sont à des années-lumière de cette l’explosion économique du pays, le Brésil est englué dans un système politique et bureaucratique d’un autre temps, ceci expliquant peut-être cela d’ailleurs. Comme s’il était passé sans transition de la dictature des militaires à la "dictature" des bureaucrates… Et évidemment, on a l’impression que pour l’aider à supporter tout cela, on offre au peuple le Carnaval et le football.
De même, dans la rue, vous voyez très souvent les gens marcher avec l’air triste, repliés sur eux-mêmes (méfiants ?). A vous de faire le premier pas et bien sûr, très vite, leur visage s’illumine d’un magnifique sourire. Ils sont alors prêts à tout partager avec une gentillesse et une générosité hors du commun.
Et c’est naturellement cette dernière image que nous garderons en mémoire : un réel bonheur que ces quelques mois passés au Brésil…

Notre séjour au Brésil en quelques chiffres :
- projections : 15
- spectateurs : 1.046
- interviews radio : 2
- interviews presse écrite : 3
- interviews télé : 1
- nos différentes adresses : 39
- kilomètres parcourus : 13.035

Variantes

Version corrompue :
Nous n’avons pas su accélérer la procédure : bakchich veut dire pot de vin, mais comment se dit "pot de caipirinha" ?
Version baroud d’honneur (à laquelle nous n’avons donc pas succombé !) :
«Partez sans payer l’amende. Trouvez un bateau qui puisse vous emmener, vous et la voiture, jusqu’à Cayenne, la France toute proche. Vous n’avez qu’à appareiller de nuit, les douaniers dorment !»
Version latine :
"Plurimae leges pessima respublica" (Plus les lois sont nombreuses, pire est l'État) : nous n’avons rencontré strictement personne au courant de ce texte de loi douanière, à part Plinio.
Version géopolitique :
Le Brésil est cité en modèle dans l’économie mondiale, comme un des pays qui a quitté le paquet des émergeants pour devenir un émergé : heu, c’est quoi les critères ? L’efficacité de l'État en fait-elle partie ? Et le peuple brésilien, lui, quand va-t-il émerger ?
Version sarkozienne :
Il faut remettre de l’ordre dans tout ça…
Version royale :
Je suis d’accord avec toutes les versions…
(Nous sommes mûrs pour rentrer au pays, et nous endormir le soir en écoutant ce qui est en train de devenir la nouvelle version de Nicolas et Pimprenelle)
Version définitive :
Evidemment, de tout cela, il ne va rester qu’un souvenir dont nous sourirons…

Fin du ban !

Annexe

Lorsque l’amende nous est tombée sur la tête il y a un mois, nous avions adressé un mail à Gilberto Gil (son adresse est sur le site de son Ministère de la Culture) ; lui, l’amoureux de la France, lui qui était encore cet été en tournée dans notre pays (comme l’an dernier), décoré de l’Ordre national du Mérite, Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres, lui ne pouvait qu’intercéder en notre faveur…
Pour être juste, nous ne pensions évidemment pas recevoir de réponse. Et bien si ! Son directeur de cabinet s’était saigné d’une missive (cliquez dessus si vous voulez l’agrandir). "La" phrase dit bien : «le sujet ne concerne pas le Ministère de la Culture».



Après les budgets et énergies dépensés à l’organisation de l’année du Brésil en France, nous avons préféré sourire en apprenant que faciliter une tournée française de cinéma itinérant au Brésil ne concernait pas le Ministère de la Culture de ce pays !

mardi 5 septembre 2006

C’est dans la boîte

17h45 : voilà, c’est fait… le Patrol est enfin dans son conteneur.
Nous ne vous refaisons pas le coup du détail du programme comme hier : ça a duré 3 heures le matin, puis 4 heures l’après-midi (record de la douane de Guayaquil, à l’aller, battu !). Juste un truc : pour que Carlos puisse retirer notre dossier chez Plinio, il lui fallait une procuration ; et ça, ça se certifie chez un notaire, il était 16h30 quand on l’a appris !!! La suite a donc tenu du miracle…
Le dénouement aura ainsi été à la hauteur du rocambolesque film de cette histoire ridicule.
Le renouvellement des options sur les vols retour, eux, ont fonctionné. Nous décollons pour Cayenne et Paris demain… Atterrissage jeudi.

lundi 4 septembre 2006

Subordination… bis

13h00 : nous sommes au terminal excentré du port où le Patrol doit être chargé sur le conteneur après passage du contrôle douanier.
14h30 : Carlos, le transitaire, arrive, avec un léger retard donc…
15h00 : nous rencontrons le chef du service ; celui-là s’appelle Raul, il est bien aimable mais ne peut pas laisser sortir le véhicule sans le dossier qui l’accompagne et qui est resté… dans le service de Plinio !
15h30 : nous appelons l’avocat qui envoie au transitaire un fax portant les références de notre dossier ; le transitaire fait l’aller-retour à son bureau, puis nous présentons le document à Raul qui est ravi : «C’est bien l’original de celui-là que vous devez aller chercher auprès de Plinio». Ah oui, parce que les deux services sont distants de deux kilomètres et pas connectés informatiquement (Augusto nous avait même glissé un jour que les services douaniers étaient en concurrence entre eux !!?)
16h30 : Carlos part pour le bureau de Plinio…
17h45 : il revient bredouille. Plinio avait quitté son bureau et un autre chef de service voisin n’a pas pu lui donné copie du dossier…
18h00 : fermeture de la douane. Le Raul accepte de charger encore le Patrol demain… A suivre !!

L’attente en deux images :

dimanche 3 septembre 2006

Séminaire à Mosqueiro

Et oui, c’est l’île où nous étions déjà le 15 août dernier (takayallervoir). Nous passons la journée à la plage pour nous oxygéner la tête avant d’aborder ce qui devrait être la dernière ligne droite.
Et puis comme nous causons de notre plan d’action pour les semaines à venir, nous décidons de passer la note du déjeuner sur la comptabilité…

vendredi 1 septembre 2006

Subordination rectale de brachycères

Qu’on vous raconte : pour payer une amende, il faut aller la chercher au service qui l’émet ; puis il faut aller dans une agence de la Banco do Brasil pour la payer et que ce soit authentifié sur le document : on rapporte ensuite la chose au service émetteur qui, en échange, doit délivrer le papier d’exportation (et nous avec).
La première partie a occupé toute notre matinée d’hier. Pour apprendre ce matin que le Plinio (chef du service de douane, comme vous l’avait révélé Mário dans un commentaire précédent) ne délivrerait pas son machin, car le tampon "Reçu" de la banque n’était pas suffisant. Il confirme bien que nous avons effectivement payé, mais le système informatique n’a pas permis d’émettre un reçu "électronique", faute d’un numéro d’inscription fiscal national que nous n’avons pas puisque nous ne sommes pas résidents (va-il falloir que l’on se domicilie au Brésil pour pouvoir en sortir ?). Et le Plinio est un grand serviteur de l’état brésilien puisqu’il ne fait rien hors de la loi.
Retour donc ce matin à la même agence de la même banque. Nous avons cette fois évité l’heure et demie de file d’attente (hier, ça a dû durer joyeusement plus pour les dizaines de personnes qui étaient à la queue leu leu et venaient retirer on ne sait quels revenus ou pensions ; il s’était écoulé plus d’une heure avant que les deux guichets soient approvisionnés en argent). Aujourd'hui, nous avons pu échapper à l’attente car nous rencontrions le directeur administratif, qui est le collègue d’un ami d’un cousin de l’avocat (authentique !). Il a mis plus d’une heure pour trouver une solution…
Le reçu dûment tamponné électroniquement est maintenant chez Plinio qui doit (enfin, devrait) subséquemment émettre le document de libération du véhicule lundi, dernière limite pour nous permettre d’embarquer le Patrol sur le prochain bateau. Sinon, on s’en prend pour une semaine de plus…
Notre titre ci-dessus n’est-il pas plus élégant que "enculage de mouches" ?

Passionnant le récit de notre tour du monde de cinéma itinérant, genre "échange culturel pour l’amitié entre les peuples", n'est-ce-pas !? Il va être temps que l’on rentre pour réaliser notre film et raconter tout le reste de nos deux ans de cette expérience magnifique, sinon nous allons finir par avoir tout oublié !!!