Ce soir, c’est notre 7ème projection et elle vient de se dérouler à Renaix (ou Ronse en français), en territoire flamand… La frontière est à l’entrée de la ville. "Exploration du monde" est francophone, mais projeter ici est une tradition depuis plus de 50 ans qu’existe cette organisation : une partie importante des habitants parle le français.
Attachés aux valeurs de "diversité culturelle", d’échange et de respect entre les peuples (une des raisons essentielles qui nous vaut le soutien de la Commission française pour l’Unesco), nous proposons à l’une des organisatrices de la soirée d’entamer en saluant le public en flamand. Elle nous en dissuade : "c’est trop délicat en ce moment". Nous n’insistons donc pas. Mais quelques instants avant de prendre la parole, l’autre organisatrice se penche vers nous et nous dit : "Saluez le public en flamand, ce sera bien venu". Pensant qu’elle s’était mise d’accord ensemble, nous décidons de nous lancer ainsi. On ne vous écrit pas comment on dit "Bonsoir" en flamand car on en est incapable. Nous savons maintenant que nous sommes incapables aussi de le dire. Car, bien qu’ayant précipitamment répété la formule magique 10 fois dans sa tête, quand Geo se lance, il fait un bide total. Y’a-t-il un latin qui n’ait jamais réussi à parler le flamand ?
Le public a rapidement ri de cette tentative avortée… La suite de la soirée s’est déroulée au mieux, le film a été bien accueilli et la discussion nourrie. Nous avons tout de même évité d’évoquer la situation culturelle et politique des indiens en Amazonie et d’autres sujets de ce type !
A la fin de la séance, nous avons d‘échangé quelques mots avec la 1ère organisatrice (celle que nous aurions dû écouter !). Elle nous a avoué être inquiète. Voici quelques années, nous a-t-elle raconté, lors d’une précédente crise dans les relations entre Wallons et Flamands, une séance "Exploration du monde" a été caillassée, accompagnée de jet de gaz lacrymogène car le film n’était ni doublé ni sous-titré en flamand.